RDC: dans l’est du pays, les groupes armés sont plus nombreux et plus politisés

Village en territoire Lubero dans le Nord-Kivu, 2014 (photo d'illustration).
© DeAgostini/Getty Images

Un baromètre sécuritaire pour les Kivu, c’est le projet mis sur pied par Human Rights Watch (HRW) et le Groupe d'études sur le Congo (GEC). L'objectif est de recenser et mettre à jour tous les incidents sécuritaires dans cette partie tourmentée de la République démocratique du Congo. Selon les premiers résultats de ce baromètre, de juin à novembre 2017, au moins 526 civils ont été tués dans les Kivu, au moins 1 087 personnes ont été enlevées ou kidnappées pour obtenir une rançon, et il y a eu au moins 11 incidents de viols massifs. Au-delà de ce bilan conséquent, c'est l'occasion de faire un point sur les différents groupes armés qui pullulent aujourd'hui encore dans l'est du Congo.

Au Nord-Kivu, les deux groupes armés les plus importants restent les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR-rebelles hutus rwandais), malgré les opérations conjointes Forces armées de RDC (FARDC) et de l'ONU, et le NDC Renové du chef de guerre Guidon. Au Sud, c’est la nouvelle Coalition nationale du peuple pour la souveraineté du Congo (CNPSC), dirigée par  William Amuri Yakutumba, qui a fait parler d'elle ces derniers mois dans le territoire de Fizi, et toujours la nébuleuse Raïa Mutomboki.

Mais depuis le dernier « mapping » du GEC,  il y a deux ans, le nombre de groupes armés a doublé pour atteindre le chiffre de 120. Une réalité inquiétante pour Christoph Vogel, qui a dressé en 2016 un état des lieux des groupes armés à l'est du Congo : « Cette fragmentation de la topographie des groupes armés est énormément inquiétante, notamment aussi parce que cela veut dire que tous les acteurs qui essaient de positivement influencer ce conflit, cela devient de plus en plus difficile déjà de commencer par comprendre ce qui se passe ».

Autre constat pour Christoph Vogel, si les groupes armés ont souvent été politisés au Congo, le maintien au pouvoir de Joseph Kabila, au-delà de son deuxième et dernier mandat constitutionnel, semble avoir encore renforcé cette polarisation : « Cette politisation se développe dans un sens plus prononcé envers une position ouverte aussi contre un gouvernement qui est perçu de plus en plus illégitime, non seulement par certaines parties de la population, mais aussi certaines parties de différents groupes armés ».

L'objectif du baromètre du Kivu, c'est de rendre plus compréhensible une crise qui désintéresse de plus en plus les bailleurs, comme les médias, alors que le pays a enregistré près d'un million de déplacés internes supplémentaires cette année, plus que le Yémen ou la Syrie.

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