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Bénin

Bénin: saisies de médicaments chez un député proche de l'opposition

Mohamed Atao Hinnouho.
© RFI/Delphine Bousquet

Au Bénin, l’opération menée depuis jeudi contre le trafic des faux médicaments se poursuit. La police perquisitionne depuis samedi 9 décembre, un magasin appartenant au député Mohamed Atao Hinnouho, proche de l’opposition. Vendredi déjà, la police béninoise a saisi des centaines de cartons de présumés médicaments contrefaits au domicile du parlementaire. Tout est parti des révélations d’un suspect interpellé qui a indiqué à la police que son fournisseur est l’épouse du député.

La perquisition vendredi 8 décembre a démarré à 16h et s'est achevée à 1h ce samedi. Des centaines de cartons ont été saisis et emportés à bord de camions. La police n'a communiqué pas sur les quantités saisies. De bonnes sources, elle a saisi plus de 1 000 cartons.

Au départ, c'est la compagne du parlementaire qui a été citée par un suspect comme étant un de ses fournisseurs. L'affaire s'est très vite rapprochée de Mohamed Atao Hinnouho.

Mais ses avocats le présentent pratiquement comme un distributeur agréé de médicaments. « Tout le monde sait au Bénin que M. Mohamed Atao importe des produits pharmaceutiques. C'est quelqu'un qui est dans une activité licite. La Direction nationale des pharmacies, qui est compétente pour délivrer les certificats de mise en consommation, en a délivré et ces produits ont été entreposés dans ses magasins », déclare Me Alfred Bocovo.

Sur le contenu des cartons, Maître Alfred Bocovo, un des cinq avocats du député déclare à RFI que « seule une expertise pourra dire qu'il s'agit de médicaments contrefaits ou non ».

Au cours de la perquisition, des supporters du député ont brûlé des pneus et des troncs d'arbre perturbant la circulation sur les voies pavées. Le secteur était calme samedi.

Jeudi, après la perquisition manquée, la police avait convoqué le député et à sa compagne pour « obstruction et entrave ». Monsieur et Madame Atao ne se sont pas encore présentés. Pendant l'opération de vendredi, tous deux étaient absents.

Pour Alfred Bocovo, la bataille judiciaire qui commence est « aussi politique. Il faut que chacun administre la preuve de ce qu'il allègue de manière loyale. »

La police n'a pas fait de déclaration depuis jeudi, elle poursuit son enquête. Elle aurait interpellé un ressortissant indien, collaborateur du député.

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