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RDC Réfugiés

RDC: les déplacés autour de Béni inquiets après les attaques à l’arme lourde

Les corps des soldats tanzaniens de la Monusco tués dans l'attaque de la base de Sémiliki, en RDC, accueillis à l'aéroport de Dar es Salaam, en Tanzanie, le 11 décembre 2017 (photo d'illustration).
© REUTERS/Emmanuel Herman

La Monusco a rendu hommage lundi 11 décembre au matin, à Béni, à ses 14 casques bleus tanzaniens tués dans l'attaque du jeudi précédent sur la base de Sémiliki. Ce n’est pas la première fois que le secteur autour de cette base, surnommé « triangle de la mort » est victime d’attaques armées. Dès septembre, les populations réinstallées dans cette zone ont recommencé à fuir. Un millier d'entre eux a trouvé refuge à la paroisse évangélique de Mbau. Des déplacés qui, comme la Monusco, s'inquiètent de voir que les assaillants, sont de plus en plus nombreux et de plus en plus lourdement armés.

A la paroisse de Mbau, se réunissent les réfugiés qui ont fui le « triangle de la mort » autour de Sémiliki. Comme cette femme de 40 ans, qui a fui pour la dernière fois, un lundi, avec ses six enfants. « On était au champ quand ils ont attaqué. On n’a même pas pu rentrer à la maison. Les ennemis étaient habillés bizarrement, avec des tenues militaires déchirées. Ils pourchassaient la population. Alors on a fui. On est partis comme ça, sans rien. Habillés comme tu nous voies là ».

Des massacres en tous genres, cette maman en a connu. Mais ce qui l’a surprise cette fois, c’est l’armement des assaillants. « En 2016, ils utilisaient des armes légères », se souvient-elle. « Mais maintenant, ce sont des roquettes. Ils viennent dans les villages avec des armes lourdes pour tuer la population. Et ils sont plus nombreux qu’avant ». Une évolution qui l’amène à penser « que ce ne sont pas les mêmes rebelles qu’autrefois ».

L’impressionnante attaque de Sémiliki renforce ce sentiment. Quand cette autre jeune femme, de 22 ans, qui a également fui en septembre, a entendu parler de l’attaque sur la base, elle a pensé « Ah ! Cette fois je ne pourrai pas rentrer chez moi et je vais rester ici à souffrir ».

Ces familles ont trouvé refuge dans ce qui était autrefois un institut biblique. Il accueillait il y a quatre ans encore des pasteurs de toute la région, mais il est aujourd’hui déserté à cause de l’insécurité.

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