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Zimbabwe

Zimbabwe: l'inquiétante influence de l'armée

Des soldats zimbabwéens patrouillent devant le Parlement à Harare, le 7 décembre.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

Au Zimbabwe, le congrès de la Zanu-PF le parti au pouvoir s’est ouvert sans Robert Mugabe. L’ex-président s’est envolé lundi pour Singapour pour y recevoir des soins médicaux. Un congrès extraordinaire de 4 jours qui s’achèvent vendredi. Et lors duquel Emmerson Mnangagwa doit être confirmé à son poste de président de la Zanu-PF. A cette occasion, les appels se multiplient pour que le nouvel homme fort du pays se démarque de son prédécesseur, en respectant les droits de l’homme et l’Etat de droit. Et notamment restreigne l’influence de l’armée sur le gouvernement.

Le poids des militaires dans ce nouveau gouvernement inquiète de plus en plus. Emmerson Mnangagwa, qui a accédé au pouvoir à l’issue d’un coup de force de l’armée, a déjà nommé deux généraux dans son cabinet. Notamment Perence Shiri, ancien commandant de l’armée de l’air, qui est aujourd’hui ministre de l’Agriculture et de la terre.

Lors de ce congrès, Mnangagwa doit nommer ses deux vice-présidents. Et on s’attend que le général Chiwenga, chef de l’armée, et responsable du coup de force soit nommé vice-président.

Pour le militant des droits de l’homme Dewa Mavhinga les militaires n’ont pas leur place dans un gouvernement civil. « Les militaires doivent respecter les droits de l’homme. Ils doivent retourner dans leur caserne et ne pas intervenir ni en politique, ni dans le maintien de l’ordre. Dans une démocratie, il doit y avoir un pouvoir civil. Ce que nous avons au Zimbabwe est une crise de gouvernance, qu’il faut résoudre par une élection démocratique dans laquelle l’armée n’interviendra pas. »

L’armée aux commandes

Cette influence de l’armée est très préoccupante, estime Dewa Mavhinga. « Mnangagwa a été nommé par l’armée et dépend d’elle, notamment pour sa survie. Cela n’est pas bon ni pour les droits de l’homme, ni pour l’Etat de droits, ni pour la démocratie. C’est pour cela que nous demandons le plus rapidement possible une feuille de route conduisant à des élections démocratiques. »

« Ce congrès va servir principalement à valider les décisions prises par les auteurs du coup d’Etat, valider la présidence de Mnangagwa et ouvrir la voie pour la nomination des deux vice-présidents, estime le militant. C’est Mnangagwa qui nomme, mais il est très clair que cela se fait sous l’influence des généraux de l’armée, car ce sont eux qui détiennent le pouvoir. »

Les militaires dans la rue

Depuis le coup de force, l’armée est toujours déployée dans les rues. Un signe inquiétant selon Philippe Van Damme, ambassadeur de l’UE au Zimbabwe

« Nous espérons que les militaires se retirent le plus vite possible et entièrement de la rue, insiste le diplomate. Bien sûr, il y a eu un problème d’impopularité de la police pour des raisons de corruption, d’abus, etc. Mais on ne remplace pas la police dans la rue par des militaires. »

La crainte désormais est que l’armée soit utilisée pour intimider la population lors des élections présidentielles prévues dans quelques mois.

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