[Reportage] RCA: 10 ans après, des réfugiés du Darfour rentrent au Soudan

Des réfugiés soudanais à Pladama-Ouaka est une commune rurale en Centrafrique, photographiés en avril 2014.
© MIGUEL MEDINA / AFP

Ils avaient fui le Darfour au plus fort de la crise, il y a 10 ans, pour aller en Centrafrique, alors presque stable. Avec l'appui du HCR, 1 500 Soudanais réfugiés à Bambari ont décidé de rentrer chez eux après ce long exil et quitter le pays qui les avait accueillis et qui est désormais à l'abandon.

Sur le tarmac de l'aérodrome rénové de Bambari, ils sont 45 à s'apprêter à laisser le sol centrafricain derrière eux. Direction Nyala, au sud du Darfour, ravagé par la guerre, mais qui commence à se stabiliser. Aujourd'hui, c'est un retour volontaire qui se fait. Moussa Haroun avait 37 ans à l'époque, aujourd'hui 47. Et il a hâte de retrouver sa terre. « Je suis content en même temps, je suis triste aussi pour mes amis que je laisse ici en Centrafrique. Mais je suis content, parce qu'en arrivant demain ou après-demain, je vais voir mes amis. Depuis dix ans, on est séparés. »

Opération retour jusqu’au début de l’année 2018

Pendant toutes ces années, ils ont vécu dans un site, à une dizaine de kilomètres de Bambari. Certains, comme Abderramane, 8 ans, n'ont jamais connu le Soudan, mais toujours des sites de réfugiés. Et il rentre dans un pays inconnu, mais sans se poser trop de questions. « Moi, si les gens partent, je pars. Si les gens restent, je reste », dit le jeune garçon.

Jean Sosthène Dengbe, directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur, estime que pour les centaines de milliers de Centrafricains vivant eux aussi dans des camps de réfugiés, le temps n'est toujours pas venu de rentrer au pays. « Vous savez que nous avons trop de problèmes en ce moment, et cette question du rapatriement doit être bien analysée pour que nos frères, dès qu'ils arrivent ici, n'aient pas les mêmes problèmes. Il faut d'abord qu'ils retrouvent leur maison, qu'ils retrouvent leur famille... »

C'est avec l'appui du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) que ces Soudanais, qui ont quitté un conflit pour un autre, peuvent désormais rentrer chez eux. En tout, c'est une trentaine de rotations Bambari-Nyala qui sera assurée jusqu'au début de l’année 2018.

En juin dernier, un accord entre le Soudan et le Tchad avait été trouvé pour le retour des réfugiés soudanais installés au Tchad.

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