Sommet G5 Sahel: de nouveaux contributeurs pour passer à la vitesse supérieure

Le Premier ministre italien, le président malien IBK, le président français, la chancelière allemande et le président de la Commission de l'Union africaine Moussa Faki Mahamat, le 13 décembre.
© REUTERS/Philippe Wojazer

Une réunion sur le G5 Sahel s'est tenue ce mercredi 13 décembre à la Celle-Saint-Cloud, en banlieue parisienne. Les cinq chefs d'Etat des pays sahéliens ont été invités par le président Emmanuel Macron. L'objectif : accélérer la mobilisation internationale autour de cette force conjointe de lutte contre le terrorisme dans le Sahel. Avec au cœur des préoccupations, la question d'un financement durable de cette force.

C'est avec une certaine satisfaction qu'Emmanuel Macron a annoncé deux nouveaux contributeurs financiers de la force G5 Sahel.

« Je souhaite souligner évidemment l’engagement de l’Union européenne, qui s’est engagée à hauteur sur 50 millions d’euros, mais également l’Arabie Saoudite qui contribuera à hauteur de 100 millions et les Emirats Arabes Unis à hauteur de 30. C’est un premier engagement. Ce qui n’est qu’une étape dans la mobilisation puisqu’une conférence de soutien et de planification se tiendra à Bruxelles le 23 février prochain pour rassembler tous les partenaires intéressés. »

« Nous travaillerons aussi, grâce à l'Alliance militaire islamique, à fournir un soutien logistique et de l'entraînement militaire où ce sera nécessaire, a précisé Adel al-Joubeir, le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie Saoudite. Nous partagerons aussi du renseignement. Nous essaierons de fournir de l'aide humanitaire aux personnes que cette guerre contre le terrorisme risque d'affecter. Bien sûr, le roi d'Arabie Saoudite a son propre programme bilatéral d'aide au développement avec chacun des pays du G5 et cela va continuer. »

Quant aux 100 millions promis, le ministre saoudien l'affirme : « Nous sommes prêts à fournir l'argent dès que possible. Nous attendons juste que les mécanismes adéquats soient mis en place mais nous pouvons débourser l'argent demain. Nous y travaillons en groupe et nous voulons être sûrs que les ressources seront dépensées de la manière la plus utile qui soit. »

Il faut accélérer, c'est l'objectif clairement affiché par le président Macron. Le président français annonce que d'ici mi-janvier les conventions techniques et financières nécessaires au versement des futurs financements seront conclus.

Ce qui a été acté aujourd'hui, c'est de pouvoir simplifier les procédures de versement de cet argent, parce qu'à mesure qu'on a de plus en plus de partenaires, il faut avoir des mécanismes simples de contribution.
Emmanuel Macron, président français
13-12-2017 - Par Marie-Pierre Olphand

Vers un mandat élargi ?

Plus d'argent dans les caisses rapidement, et plus d'hommes aussi sur le terrain..C'est la deuxième annonce faite mercredi, avec deux bataillons supplémentaires que le Niger va injecter dans la force. De quoi aider les pays du G5 à gagner en autonomie, avec plus de 5 000 hommes.

Sous l'impulsion du président français les Etats concernés se sont engagés à  mener de nouvelles actions de terrain au premier semestre 2018. La priorité est toujours de placer les efforts militaires sur la zone centre, où la menace est la plus forte.

Avec une volonté affichée par les Mauritaniens, l'Union africaine, et le président Macron de continuer à réclamer une résolution des Nations unies pour que la force passe sous chapitre 7 (qui autorise l'usage de la force en cas de menace contre la paix, ndlr) de l'ONU. Ce qui lui donnerait un mandat plus offensif.

De plus si ces premiers financements pourront couvrir la première année d'opération de la force, qu'en est-il pour l'avenir ? Ces contributions se dépensent vite, l'Union européenne par exemple en a déjà décaissé près de la moitié. D'où l'inquiétude des pays sahéliens qui préféreraient voir l'initiative du G5 sous l'égide de l'ONU. Un processus au sein de l'institution assurerait ainsi un financement sur plusieurs années.

« Nous sommes dans une phase cruciale. L’Union africaine apprécie les efforts de ses partenaires, a souligné Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l'Union africaine. Certes, la résolution qui a été prise par le Conseil de sécurité ne l’est pas encore sous chapitre 7, mais j’espère qu’avec le temps, en agissant sur le terrain et de manière concrète, nous aurons convaincu de la pertinence de cette approche. »

L'idée est donc de passer encore à la vitesse supérieure. Une réunion des ministres de la Défense des cinq pays sahéliens et de la France aura lieu mi-janvier. Et des résultats sont attendus dès le premier semestre 2018.

Florence Parly : sur le G5 Sahel, « il faut aller plus vite »