RDC: que sait-on de l'attaque contre les casques bleus?

Des soldats tanzaniens accueillant les dépouilles des casques bleus de la MONUSCO tués à Béni, en RDC, à Dar es Salaam, le 11 décembre 2017.
© REUTERS/Emmanuel Herman

Les 14 casques bleus tués dans l'attaque de leur base Monusco en RDC il y a une semaine doivent être enterrés ce jeudi 14 décembre dans leur pays. Une cérémonie d'hommage est prévue à Dar es Salaam, en présence du chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU Jean-Pierre Lacroix. Le lendemain, ce dernier est attendu à Goma pour un nouvel hommage. En attendant, l'enquête interne aux Nations unies se poursuit pour mieux comprendre les circonstances de l'attaque. RFI a recueilli les premiers éléments.

Tout a débuté vers 17h30, peu avant la tombée de la nuit. Un premier groupe d'assaillants pénètre dans la base en se faisant passer pour des militaires congolais. Leur tenue est semblable à celle des FARDC, ils parlent swahili et prétendent être venus pour se ravitailler, expliquent plusieurs sources, une pratique fréquente dans la zone. La ruse fonctionne.

Pendant ce temps, le reste des assaillants, plus nombreux, est positionné dans l'épaisse forêt de l'autre côté de la route. Très vite, les premiers coups de feu sont tirés. Ils viennent à la fois de l'intérieur et de l'extérieur de la base. Manifestement, les assaillants sont bien renseignés. Ils savent où se trouve la salle des communications et parviennent à désactiver le système. Selon les éléments recueillis par RFI, ce dernier n'aurait donc pas été détruit, mais emporté par les assaillants, tout comme les armes et munitions abandonnées sur le site : roquettes, mitraillette et même un mortier, assure une source militaire.

L'enquête se poursuit

Sur la durée des combats, deux versions s'opposent toujours. 4 heures, selon l'ONU, 13 heures selon les Tanzaniens. D'autres sources, affirment enfin que devant la force de feu des assaillants, les soldats tanzaniens auraient rapidement fui. Laissant derrière eux un camp « rasé » avec quelques véhicules calcinés. Qui est derrière cette attaque ? Encore difficile de dire. Si la piste d'une résurgence des ADF se confirmait, ils seraient en tout cas plus nombreux, mieux équipés et bien mieux entrainés.

Sur les trois disparus signalés au lendemain de l'attaque, deux ont été retrouvés samedi dernier. Un dernier casque bleu manque toujours à l'appel. Les ratissages se poursuivent pour le retrouver, explique une source onusienne. L'armée congolaise a également ouvert une information judiciaire.

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