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Libye

Libye: stupeur et inquiétude à Misrata après l'assassinat de son maire

L'entrée du service d'urgence de l'hôpital de Misrata, en Libye, aux abords duquel le corps de Mohamed Eshtawi a été retrouvé.
© STRINGER / AFP

Le maire de Misrata a été assassiné dimanche 17 décembre au soir par des tireurs inconnus. La ville côtière, la troisième du pays, est sous le choc par l'importance de la victime et le mode opératoire. Misrata était considérée comme l'une des cités les plus sûres du pays avant que les divisions politiques ne secouent cette stabilité. L’homme était un modéré et sa mort ne présage rien de bon.

Le maire de Misrata, Mohamed Eshtawi, revenait d’un voyage officiel en Turquie. Le soleil se couchait quand la voiture a été prise en embuscade. Les assaillants ont tiré, blessant le frère de l’édile, qui était avec lui. Ils ont ensuite enlevé le maire. Son corps, criblé de balles avec une large entaille à la tête, a été retrouvé dans la rue, devant un hôpital de Misrata, quelques heures plus tard.

La scène macabre a choqué les habitants, qui pour beaucoup ne croyaient pas un tel acte possible dans leur ville. Les forces de l’ordre se sont déployées massivement dans la ville. Les funérailles de Mohamed Eshtawi ont eu lieu lundi en milieu de journée, en présence d’un grand nombre d’habitants.

Mohamed Eshtawi était considéré comme modéré. Il défendait l’application des accords de paix de Skhirat, signés sous l’égide de l’ONU il y a deux ans. Depuis des mois, la ville de Misrata est divisée sur ce texte qui a donné naissance au gouvernement d’union nationale basé à Tripoli.

Trois pistes envisagées

Après l’effroi vient le temps des questions : qui a tué le maire en le criblant de balles et en jetant sa dépouille dans la rue ? Pourquoi s'en prendre à ce responsable modéré ? Que va-t-il se passer ?

Le meurtre n’a pas été revendiqué mais trois pistes sont évoquées. La première mène à Ibrahim Ben Rajeb, le chef du conseil militaire de Misrata. Contrairement au maire de Misrata, l’officier était opposé à l’accord politique de Skhirat. Ibrahim Ben Rajeb a plusieurs fois mis l’édile sous pression pour qu’il démissionne.

Le groupe Etat islamique est aussi montré du doigt. Il a été chassé de Syrte par les forces de Misrata en décembre 2016. Depuis, il opère via des cellules au sud de la région. Ce sont elles qui ont perpétré l’attaque du tribunal de Misrata en octobre.

Enfin, l’ombre de Khalifa Haftar plane sur l’homicide. Dans une allocution télévisée dimanche, ce dernier a décrété la mort de l’accord de Skhirat. Il a eu des mots très durs contre les Nations unies et les partisans du texte comme Mohamed Eshtawi.

Prudents, les observateurs ne privilégient aucune thèse, mais tous redoutent que cet assassinat ne soit le point de départ d’une escalade de la violence.

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