Soudan du Sud: un nouveau cessez-le-feu entrera en vigueur dimanche

Des femmes manifestent à Juba, le 9 décembre 2017, pour demander la fin de la guerre.
© STEFANIE GLINSKI / AFP

Les belligérants de la guerre civile qui frappe le Soudan du Sud ont réussi à se mettre d'accord, jeudi : les armes cesseront de parler à compter du dimanche 24 décembre à 00h01. Le texte de 18 pages signé à Addis Abeba sous l'égide de l'IGAD (Autorité intergouvernementale sur le développement) comprend aussi la protection des civils et l'accès total des humanitaires aux zones de conflit. Depuis quatre ans, la guerre a fait des dizaines de milliers de morts et plus de 4 millions de déplacés internes et de réfugiés dans les pays voisins. Après 96 heures de négociations serrées, les représentants des partis politiques et mouvements armés étaient satisfaits. Mais ce n'est qu'un début.

Cela fait déjà quatre ans que le Soudan du Sud est dévasté par la guerr. Quatre ans au cours desquels près d'une dizaine de cessez-le-feu ont été signés. Et jamais aucun n'a été respecté.

La revitalisation de l'accord de paix d'août 2015, objectif affiché par les organisateurs, prendra encore du temps. Mais son pays est sur le bon chemin, estime Michael Makuei Lueth, porte-parole du gouvernement sud-soudanais. « Je suis totalement satisfait. Je suis content, très content que nous ayons au final réussi à trouver un accord de cessez-le-feu. Et c'est le début de la fin de la crise au Soudan du Sud », se réjouit-il.

Même sourire chez Angelina Teny, la femme du principal opposant politique au président Salva Kiir, Riek Machar, en exil en Afrique du Sud. La secrétaire à la Défense du SPLM-opposition y voit un signe divin. « Cet accord prendra effet le 24 à minuit et j'ai réalisé que ce n'était pas une coïncidence car c'est le jour de la naissance de Jésus Christ, a-t-elle souligné. Au SPLM-opposition, nous sommes totalement engagés pour le mettre en œuvre. »

Un optimisme de façade

Mais Amer Deng y croit aussi. Elle représente les femmes sud-soudanaises à la négociation. « Les gens au Soudan du Sud ont suffisamment souffert. Il y a eu beaucoup de combats et le peuple est fatigué de la guerre », estime-t-elle.

Même si officiellement tout le monde se veut optimiste, rien n'indique que ce nouveau cessez-le-feu soit appliqué. D'abord parce qu'il existe d'autres groupes rebelles que celui de l'ancien vice-président Riek Machar : six mouvements armés ont aussi signé le texte à Addis-Abeba hier, mais sur le terrain, les affrontements se déroulent souvent sur fond d'enjeux locaux et de ce côté-là, rien n'est réglé.

Autre réserve, émise par plusieurs analystes : on ne sait pas vraiment si le président sud-soudanais et son rival maîtrisent vraiment leurs troupes. La démission d'un général influent en février dernier a montré qu'il existait des tensions dans l'armée.

L'accord laisse des zones d'ombres : embargo sur les armes, transition politique... Il faudra donc revenir à la table des négociations. Enfin, il est difficile d'évaluer la volonté réelle des différents acteurs de cette crise. Ce nouveau cessez-le-feu, comme les autres, a été signé sous la pression diplomatique, mais le jour même où les négociations commençaient, les forces gouvernementales lançaient une offensive contre une ville aux mains des rebelles.

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