L'UE veut une enquête indépendante sur les violences dans l'est de l'Ethiopie

Manifestation d'Ethiopiens oromos contre le gouvernement, le 1er octobre 2017 à Bishoftu.
© ZACHARIAS ABUBEKER / AFP

L'Union européenne réclame une enquête indépendante après des violences dans l'est de l'Ethiopie. En fin de semaine dernière, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées dans des attaques à caractère ethnique. Cela s'est passé dans le nord-est de la région Oromia, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière avec la région somalie d'Ethiopie. Une zone où les affrontements entre citoyens oromos et somalis se sont multipliés et ont fait plusieurs centaines de morts depuis septembre.

La tension est montée le 12 septembre dans la ville d'Aweday. Une manifestation d'habitants oromos - c'est la nationalité majoritaire de la République fédérale éthiopienne - vire au drame. Des habitants somalis sont attaqués. Les versions divergent, mais le bilan est lourd : plusieurs dizaines de morts.

Les Oromos protestent depuis plusieurs mois contre des attaques dont ils se disent victimes. Ils accusent la Liyu police, une police spéciale de la région somalie. Elle effectuerait des incursions en Oromia le long des quelque 1 000 kilomètres qui séparent les deux plus importants Etats-régions d'Ethiopie.

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Dès lors, c'est l'exode. Des Somalis qui vivent depuis des générations en Oromia traversent la frontière. Et des Oromos font le chemin inverse, en plus grand nombre encore.

Mais depuis, les affrontements se poursuivent dans un cycle d'attaques et de représailles. C'est ce qui inquiète particulièrement l'Union européenne. Bruxelles se réjouit toutefois de l'envoi d'une commission spéciale d'enquête chargée de faire la lumière sur les dernières exactions qualifiées de « tueries de masse » par le gouvernement. En attendant, plusieurs centaines de milliers de déplacés s'apprêtent à fêter le Noël éthiopien, le 7 janvier, loin de chez eux.