Nigeria: un an après l'affirmation de Buhari, Boko Haram toujours présent

Les lieux d'un attentat de Boko Haram.
© AFP

Il y a un an, le président nigérian annonçait que Boko Haram était « techniquement défait ». L'armée venait d'annoncer la reprise de la forêt de Sambisa, où le groupe terroriste s'était retranché. Mais la réalité est nettement plus nuancée. Boko Haram représente toujours une menace non seulement pour le Nigeria mais aussi pour les pays voisins. On a même observé un regain de violences ces dernières semaines.

Le constat est sans appel : il n'y a pas eu de gros changement en un an, et le groupe terroriste fait toujours planer sa menace.

Boko Haram n'occupe plus les grandes villes du nord-est du Nigeria, mais l'armée a toujours du mal à aller d'une ville à l'autre. Les attentats-suicides sont toujours aussi fréquents qu'il y a un an.

Et depuis quelques temps, les embuscades se multiplient le long de la frontière avec le Cameroun. Pendant quelques mois, les autorités avaient réussi à faire baisser ce type d'attaque côté camerounais, en creusant des tranchées le long de la route nationale. Mais Boko Haram recommence à viser les camions depuis trois semaines. Cela veut dire que le groupe terroriste a réussi à contourner le problème, selon un journaliste local.

Selon lui, la situation stagne. La surveillance et le renseignement ont progressé, grâce au soutien de pays comme la France ou les Etats-Unis, explique ce journaliste, mais l'armée nigériane ne parvient pas à progresser davantage. Boko Haram continue de venir se ravitailler au Cameroun. Et le groupe est difficilement atteignable dans la forêt de Sambisa, une zone grande comme le Togo et où la végétation permet aux terroristes d'échapper à la surveillance des drones.