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RDC

RDC: les «machines à voter» prévues pour les élections font polémique

Des agents électoraux de la Céni, en République démocratique du Congo (image d'archives)
© AFP PHOTO / SIMON MAINA

La RDC devrait s'offrir pour 2018 sa première machine à voter. En tout cas, la commission électorale en fait la promotion depuis septembre dernier parlant tour à tour sur les réseaux de vote électronique, vote semi-électronique pour finir par utiliser un terme plus neutre dans un pays où le vote électronique était jusqu'ici interdit. Ce sera donc une « machine à voter ». le budget prévu est de 158 millions pour 107 000 machines. Ces machines seront censées imprimer les bulletins des trois élections prévues le 23 décembre 2018, compiler les résultats dans chaque bureau de vote et surtout faire des économies... Et pourtant ces machines provoquent une levée de boucliers de l'opposition, la société civile et même des principaux partenaires du Congo.

La commission électorale le confirme : il n'y aura bien qu'une seule machine par bureau de vote. Même si on considère que les Congolais voteront de 6h du matin à 20h le soir. Et que l'on prend le taux moyen de participation aux dernières élections... Cela signifie que chaque électeur aura tout au plus 1 à 2 minutes maximum pour faire trois choix, présidentielle, législatives et provinciales, sur une machine qu'à ce jour, personne ne sait manipuler.« C'est pour ça qu'on commence la sensibilisation en janvier », rassure la Céni.

Trente machines qui sillonneront les 90 000 bureaux de vote que compte le pays jusqu'en décembre. Mais pas d'isoloir prévu, avec le risque que l'électeur fasse appel à un tiers pour l'aider, c'est le secret du vote qui est aujourd'hui menacé, selon des experts nationaux comme étrangers.

Pannes éventuelles

« Et si ces machines tombent en panne dans le Congo profond, ce serait quoi l'alternative ? », avancent encore ces experts, rappelant que pour les élections en Côte d'Ivoire, au Nigeria ou même en Italie, en moyenne, un tiers des machines utilisées uniquement pour l'identification des électeurs dans ces pays était tombé en panne.

La commission électorale balaie l'argument du revers de la main, assurant qu'un stock de machines sera prépositionné pour remplacer au pied levé ces machines dans les bureaux les plus reculés le jour du vote. « De toute façon, sans machine à voter, pas d'élections en 2018 », conclut la Céni.

Pour un diplomate occidental, « la décision d'utiliser plus de 100 000 machines de vote électronique pour la première fois, le jour du vote, sans test, sans études de faisabilité, sans avis juridique, consensus national ou transparence pourrait saper l'élection la plus importante de l'histoire du Congo ».

Pour la Céni, les partenaires du Congo qui se sont permis de critiquer le font car ils n'ont pas obtenu le contrat qu'ils espéraient dans ce processus électoral.

Une machine à voter par bureau pour trois scrutins, c'est déjà un problème. Parce qu'au cas où cette machine tombe en panne, le vote est fini ?
Sylvain Lumu
25-12-2017 - Par RFI

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