Nigeria: l'armée dit avoir repoussé une attaque de Boko Haram à Maiduguri

Vue aérienne de la ville de Maiduguri, au Nigeria.
© AFP/STEFAN HEUNIS

Au Nigeria, le groupe jihadiste Boko Haram refait parler de lui. Une attaque s'est produite ce 25 décembre au soir, dans les environs de Maiduguri, dans le nord-est du pays. L'armée affirme l'avoir repoussée.

Les faits se sont déroulés à Molai, près de Maiduguri, le 25 décembre, selon une source au sein d'une milice d'autodéfense. Des combattants du groupe jihadiste Boko Haram auraient infiltré un convoi de véhicules civils escorté par l'armée.

Les insurgés auraient ensuite attaqué un poste de contrôle à l'entrée de la ville de Maiduguri. Les échanges entre Boko Haram et militaires ont duré plus d'une heure, d'après une source sécuritaire. L'armée affirme avoir pris le dessus. Mais on a encore peu d'informations sur le nombre de victimes.

« Changement de stratégie »

L'armée a particulièrement sécurisé la ville de Maiduguri en cette période sensible : Boko Haram profite régulièrement des fêtes de Noël pour mener des attaques sanglantes et cibler notamment des lieux symboliques.

La ville de Maiduguri, dans le nord-est du pays. © RFI/Capture d'écran

Les attaques contre cette ville du nord-est du pays sont beaucoup moins nombreuses ces derniers mois. « Le signe d'un changement de stratégie de la part d'une faction de Boko Haram », explique un observateur qui travaille dans cette région.

Malgré tout, le climat reste particulièrement tendu dans les bourgades éloignées des grandes villes et sur les axes routiers. En témoignent les difficultés que rencontrent les humanitaires pour accéder aux populations dans le besoin.

Lutter contre deux factions aux méthodes distinctes

Mais l'armée fait aussi face à un autre défi : lutter contre une organisation terroriste divisée en deux factions, aux modes opératoires totalement différents. D'un côté, la faction d'al-Barnawi, qui vise surtout les forces de sécurité et agents de l'Etat fédéral. De l'autre, celle d'Abubakar Shekau, qui utilise régulièrement des attentats suicides pour marquer les esprits.

Nnamdi Obasi, chercheur à l'International Crisis group. « L'armée doit faire face à ces deux factions, et cela suppose des tactiques différentes. Beaucoup de civils rapportent le fait que les militaires ont adopté une posture beaucoup plus défensive qu'offensive ces derniers mois. Notamment en sécurisant des bâtiments du gouvernement au niveau local pour prévenir toute attaque. Mais d'un autre côté, l'armée a récemment mené une vague d'attaques contre des positions d'al-Barnawi autour du lac Tchad. Il y a donc une prise de conscience au sein de l'armée qu'il est nécessaire de mener des opérations offensives pour vaincre cette organisation à long terme. »

« Ces deux factions, commente une source militaire, semblent pour leur part embourbées dans des luttes intestines ».

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