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Libye

Libye: le double jeu du maréchal Haftar vis-à-vis du processus électoral

Une manifestation de soutien au maréchal Haftar appelant ce dernier à prendre la tête de la Libye, à Benghazi, le 17 décembre.
© REUTERS/Esam Omran Al-Fetori

En Libye, des manifestations ont eu lieu mercredi 27 décembre dans plusieurs villes de l'Est, appelant le maréchal Khalifa Haftar à diriger le pays. Après son discours du 18 décembre annonçant la fin de l'accord politique de Skhirat, et avec lui toutes les institutions qui en découlent, l'homme fort de l'est libyen semble jouer un double jeu en vue des prochaines élections.

Khalifa Haftar entretient l'ambigüité face aux élections générales prévues en 2018, et soutenues par la communauté internationale. Alors qu'il assure lors ses rencontres avec les responsables internationaux son soutien au scrutin, tout ou presque, sur le terrain indique le contraire.

Si Khalifa Haftar ne dévoile pas réellement ses intentions, et se limite à répéter que « c'est le peuple qui donnera le pouvoir au président », ses partisans, eux, font tout pour mettre des bâtons dans les roues du processus électoral. Systématiquement, ils organisent des petites manifestations dans différentes villes de l'Est libyen. Ils brandissent des slogans appelant Khalifa Haftar à diriger le pays.

Le mois dernier, ses partisans ont annoncé avoir réuni, dans une pétition, plus d'un million de signatures pour un Haftar président. Dans un pays qui ne compte que six millions d'habitants, le chiffre annoncé était fortement mis en doute et a fait l'objet de sarcasme sur les réseaux sociaux.

Confusion et incertitude

Ces mêmes partisans ont saccagé récemment des centres électoraux. Puis, des demandes ont été formulées à la Haute Commission électorale libyenne pour déménager son siège à Benghazi, ce qui a rajouté à la confusion et à l'incertitude.

Dans son dernier rapport, International Crisis Group dénonce ces méthodes, et note que l'attitude de Haftar est de nature à accroître la tension. Il semble « s'accrocher avec ténacité à son ambition de devenir le dirigeant militaire de la Libye ou son prochain président » indique le rapport.

Par ailleurs, le conseiller politique de Khalifa Haftar qui a fait défection il y a quelques jours, accuse sur son compte Twitter le maréchal de vouloir fomenter un plan pour faire main basse sur les institutions du pays. Un plan qui sera accompagné de plusieurs mesures, comme la fermeture des terminaux pétroliers et l'arrêt de l'exportation du pétrole.

Libye pour Khalifa Haftar, l'accord de Skhirat a expiré