Sénégal: report du procès d'affaires liées au terrorisme

Le palais de justice de Dakar, au Sénégal. (Photo d'illustration)
© Laurent Correau / RFI

Un procès a débuté, ce mercredi 27 décembre, au Sénégal. Des procès, même, puisque ce sont trois affaires liées au terrorisme qui passent devant la Cour criminelle de Dakar. Une trentaine de personnes, dont un imam, sont accusées notamment d’apologie du terrorisme et d’association de malfaiteurs en vue de commettre des activités terroristes. Au palais de justice de Dakar, le procès s'est bien ouvert, mais il a presque immédiatement été reporté au mois de février 2018.

La chambre criminelle du tribunal de Dakar a finalement décidé qu’il fallait laisser du temps aux avocats. Beaucoup ont été commis d’office, il y a moins d’une semaine, alors que ces trois attaques sont complexes. En particulier, celle dite de l’imam Ndao, qui comprend le plus grand nombre d’accusés : une trentaine, soupçonnés d’être liés les uns aux autres, au sein d’un réseau jihadiste. Pour leurs avocats, le lien n’est, en revanche, pas clairement établi.

Ces hommes et ces quelques femmes étaient d’ailleurs quasiment tous présents, dans le box des accusés, ce mercredi matin 27 décembre. Ils se sont présentés à la Cour, à l’appel de son président, en commençant par l’imam Alioune Badara Ndao. Le responsable religieux est accusé d’être l’instigateur d’un projet d’installation d’un groupe terroriste au Sénégal.

« A l’audience du 14 février nous allons démontrer que tout ce qui lui est reproché ne tient pas la route, affirme l’un de ses avocats, maître Moussa Sarr. Il n’y a aucun élément objectif, aucun élément probatoire versé au dossier pour priver effectivement, que l’imam Ndao est un terroriste. »

Plusieurs centaines de sympathisants

Makhtar Diokhané, ancien élève de l’imam, a lui aussi fait face à la Cour. C’est à partir de l’arrestation, en 2015, de cet homme accusé d’avoir combattu dans les rangs de Boko Haram que les enquêteurs affirment avoir ensuite démantelé le fameux réseau sénégalais.

A l’annonce du renvoi du procès, plusieurs centaines de sympathisants ont scandé « Dieu est grand » et ont entouré certains des prévenus. Beaucoup de tension, donc, autour de ce procès sans équivalent au Sénégal, pays qui n’a jamais été la cible d’un attentat mais qui a durci le contrôle et sa loi anti-terroriste ces derniers mois.

La société civile vigilante

Car avec ce procès, le pays veut montrer qu'il peut juger des affaires de terrorisme tout en préservant les droits des accusés. Vigilante, la société civile espère que la justice sénégalaise saura garantir un procès équitable.

« Ce renvoi va permettre à la défense de mieux s’imprégner du dossier, estime Seydi Gassama, directeur d'Amnesty Sénégal. Et, surtout, de faire éclater la vérité au cours de ce procès. La lutte contre le terrorisme au Sénégal gagnerait beaucoup de points si ces personnes ont un procès équitable. »

Le 14 février, jour du procès, deux autres affaires seront également à l'ordre du jour; celle qui concerne Ibrahima Ly, franco-sénégalais arrêté en mars 2015 et présenté comme un recruteur de jihadistes, et le cas Assane Kamara, étudiant sénégalais soupçonné de s'être radicalisé au Canada, et arrêté en 2016 lors d'un séjour au Sénégal.

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