Tunisie: le torchon brûle toujours avec les Emirats arabes unis

Un Boeing 777-300 de la compagnie aérienne Emirates.
© Wikimedia/Adrian Pingstone

La crise continue et la polémique enfle entre la Tunisie et les Emirats arabes unis. Une semaine après la décision de suspendre les vols de la compagnie aérienne émiratie interdite aux femmes tunisiennes, aucune solution ne semble voir le jour. Dans les coulisses de cette crise, une bataille diplomatique est en train d'être jouée.

Une bataille diplomatique qui ne dit pas son nom semble s'être engagée entre la Tunisie et les Emirats. Les hauts responsables politiques des deux côtés se gardent bien de l'évoquer. Elle dépasse pourtant l'indignation générale contre l'atteinte aux droits des Tunisiennes interdites de prendre la compagnie aérienne émiratie.

Des parlementaires et des responsables politiques élèvent la voix pour dénoncer une « ingérence émiratie dans les affaires tunisiennes ». Le député Ammar Amrousia accuse ainsi le pouvoir émirati de « vouloir imposer sa politique à la Tunisie avec l'argent des pétrodollars ».

D'autres responsables pointent du doigt le financement émirati de certains partis politiques qui permet, selon eux, l’ingérence dans les affaires du pays.

Désaccord ancien

Le désaccord est total entre la Tunisie et les Emirats. Ces derniers ne voient pas d'un très bon œil les relations qui se développent entre la Tunisie et le Qatar ou avec la Turquie. Abou Dhabi n'a pas non plus les mêmes appréciations des dossiers syrien et libyen.

Et la presse tunisienne rappelle que les pressions émiraties sur la Tunisie ne sont pas nouvelles. La brouille actuelle n'est qu’un nouvel épisode d'une tension qui dure depuis des années.

En 2013, les investisseurs émiratis s'étaient ainsi brusquement retirés du pays, abandonnant leurs projets, suite à l’arrivée des islamistes au pouvoir.

A l’occasion de la crise actuelle, l'ancien ministre des Affaires étrangères tunisien a évoqué les grandes difficultés pour l’obtention de visas pour les Tunisiens vers ce pays. Certains étaient arrêtés sans explications.

Et à l’heure où le différent persiste, des craintes d'ordre économique refont surface alors que 9 000 Tunisiens travaillent aux Emirats.

Ce sont des pressions pour essayer d'aligner la Tunisie sur sa politique dans la région arabe.
Le député tunisien Jilani Al Hammami (Front populaire) sur la crise diplomatique avec les Emirats arabes unis
29-12-2017 - Par Houda Ibrahim

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