Congo-B: le président veut un procès début 2018 pour deux de ses opposants

Le général Jean-Marie Michel Mokoko (G) et André Okombi Salissa (D), candidats à la présidentielle du 20 mars 2016 au Congo-Brazzaville, aujourd'hui en prison.
© Montage/RFI

Le chef de l’Etat congolais Denis Sassou-Nguesso s’adressait samedi 30 décembre aux deux chambres du Parlement réunies en congrès. Le président a souhaité que le procès « des personnes en garde à vue prolongée pour atteinte à la sûreté de l'Etat et détention d'armes de guerre » se déroule au premier trimestre 2018. Au nombre de ces détenus figurent deux de ses anciens challengers à la présidentielle mouvementée de 2016 : l’ancien chef d’état-major, le général Jean-Marie Michel Mokoko (détenu depuis mi-juin 2016) et André Okombi Salissa (détenu depuis fin janvier 2017), ancien ministre passé à l’opposition. Une déclaration qui laisse perplexe la défense de ce dernier.

Dans son discours samedi, le président congolais Denis Sassou-Nguesso a affirmé vouloir que les procès des opposants politiques se tiennent au plus vite. « J’émets le vœux que s’ouvre, courant du premier trimestre 2018, le procès des citoyens actuellement en garde à vue prolongée, accusés d’avoir troublé l’ordre public ou porté atteinte à la sureté de l’Etat au terme de scrutins référendaire et présidentiel de 2016 », a-t-il déclaré.

Mais prudence, selon Maître Stéphanie Le Meignen, avocate de l'opposant André Okombi Salissa. Elle rappelle que le dossier de son client n'a pas avancé, presque un an après sa mise en détention. Donc, il va être difficile de boucler le procès dans les prochains mois. « Je suis perplexe, mais je pense qu’il y a une pression internationale. Dans le dossier de M. Okombi, on ne les lâche pas, donc il y a une pression au niveau judiciaire qui est maintenue. Je pense que pour le général Mokoko, c’est exactement pareil. La publicité internationale et les médias qui commencent à s’y intéresser font que peut-être, il y a une certaine pression sur la justice congolaise. »

Et selon plusieurs ONG, dont l'Observatoire congolais des droits de l'homme, il y aurait actuellement une centaine de prisonniers politiques à Brazzaville, essentiellement arrêtés dans la période du référendum constitutionnel de 2015 et de l'élection présidentielle de 2016.

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