Guinée équatoriale: le président Obiang dénonce «une guerre» en préparation

Le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, le 22 novembre 2017.
© AIZAR RALDES / AFP

Après l'arrestation d'une trentaine d'hommes armés à la frontière avec le Cameroun, le président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, s’est exprimé samedi 30 décembre. Le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 38 ans, appelle à la « vigilance » car une « guerre » est en préparation, affirme-t-il. Malabo parle de « tentative de déstabilisation ».

La Guinée équatoriale a-t-elle échappé à un coup d'Etat ? C'est en tout cas ce qu'a semblé dire le président samedi, à l’occasion de la cérémonie des « vœux de bien-être » adressés au président par le public, les militants du parti au pouvoir, les institutions législatives et le pouvoir judiciaire, et retransmise par la télévision d'Etat.

« On est en train d'organiser une guerre car ils disent que j'ai passé beaucoup de temps au pouvoir », a déclaré Teodoro Obiang Nguema, 75 ans et 38 ans au pouvoir, en appelant ses compatriotes à la « vigilance ».

Même s’il n’a pas explicitement fait référence à la trentaine d’hommes interpellés mercredi à la frontière entre le Cameroun et la Guinée équatoriale, ces déclarations interviennent après ce que Malabo avait qualifié de « tentative d’invasion et de déstabilisation ».

« Je veux une transition heureuse, je ne veux pas la guerre », a également affirmé le président Obiang à cette occasion. « Je ne suis pas au pouvoir parce que je veux y être. Quand vous voulez, vous pouvez me dire : "Président, tu as déjà travaillé beaucoup", et je m'en irai ».

Pour Géronimo Osa Osa Ekoro, secrétaire général du parti au pouvoir, l’appel à la vigilance du président est grandement justifié car il s’agissait bien d’une tentative de coup d’Etat.

On ne peut pas donner tous les éléments avec certitude, mais ce qu'il ressort en premier lieu c'est qu'il s'agissait d'une opération montée avec des mercenaires étrangers lourdement armés et dont l'objectif étaient de perpétrer un acte barbare.
Géronimo Osa Osa Ekoro, secrétaire général du parti au pouvoir
31-12-2017 - Par Alexandra Brangeon

Depuis les élections en novembre dernier où le parti au pouvoir a obtenu 99 sièges sur 100 au Parlement, l'opposition dénonce l'arrestation de plusieurs dizaines de ses militants.

(Avec AFP)