Maroc: nouvelle manifestation à Jerada, en bleu de travail et avec du pain noir

Vue de la ville de Jerada, au Maroc.
© AFP/Fadel Senna

Les habitants de Jerada, une ville de l'est marocain qui souffre d'une situation économique difficile, ont fêté le jour de l'An à leur manière.

Ce 31 décembre, les habitants de Jerada, au Maroc, sont restés dans les rues jusque tard dans la nuit, habillés en mineurs, le visage et les mains noircis. Ils ont porté des pains noirs et des cercueils pour symboliser leurs camarades morts dans les mines de charbon.

Faute de perspectives, des centaines de jeunes de la ville sont contraints à travailler illégalement dans des mines non sécurisées. Suite au décès par noyade de deux jeunes dans une mine clandestine d'extraction de charbon, des protestations ont commencé fin décembre dans cette ville minière fortement touchée par le chômage, située à 60 kilomètres d'Oujda, près de la frontière algérienne.

Le week-end dernier, les manifestants ont à nouveau réclamé des perspectives de travail. Ce 30 décembre, une délégation dirigée par le gouverneur de la région de l'Oriental, dont Jerada est le chef-lieu, a rencontré les manifestants.

Trouver une sortie de crise

Une réunion présidée par le gouverneur a eu lieu en présence des partis politiques ainsi que des représentants syndicaux et de la société civile. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de dialoguer avec les jeunes du mouvement de protestation.

« Un comité de dialogue a été formé et nous allons dévoiler les noms de ses membres ce soir, durant la nouvelle manifestation qui aura lieu sur la place de l'Espoir à Jerada, détaille Said Zeroual, de l'association marocaine de droits de l'homme de Jerada. Ce comité se chargera de discuter avec les autorités d'autres solutions économiques pour Jerada, des solutions pour que nos jeunes ne meurent plus dans les mines ».

« Les jeunes continueront à manifester jusqu'à aboutir à un dialogue responsable, promet le militant. Parce que jusqu’à maintenant, nous n'avons pas vu de délégation ministérielle dans la région pour étudier nos problèmes et trouver une sortie de crise ».