Mali: des associations dénoncent une augmentation des violences conjugales

Le Centre de santé communautaire du quartier d'Hippodrome, à Bamako, accueille chaque semaine une quinzaine de femmes pour leur accouchement. (Photo d'illustration)
© David Baché/RFI

L’assassinat par son mari d’une standardiste de la présidence dans la nuit du 28 au 29 décembre a déclenché de fortes réactions au Mali. Militants des droits de l’homme et organisations de la société civile dénoncent une augmentation et une banalisation des violences conjugales. Peu de chiffres et d’études existent concernant les violences basées sur le genre. Mais pour les professionnels de la santé et les associations encore trop peu de cas sont signalés.

Près de la moitié des femmes mariées ou en couple ont subi des violences physiques, sexuelles ou émotionnelles de la part de leur conjoint, selon la dernière enquête démographique et de la santé au Mali. Mais pour Fatoumata Harber, enseignante et militante des droits de l'homme, en plus de l'impunité, d'autres causes existent : « La femme est vue dans nos traditions comme juste un souffre-douleur, une femme qui devrait selon le Mougnou ni Sabali accepter de se faire frapper pour le bonheur de ses enfants ».

Pour protéger les femmes victimes dans leur foyer et accompagner la libération de la parole, les associatifs réclament un engagement politique franc. « Il nous faut des lois, des politiques du gouvernement pour vraiment amener les Maliens à aller dans le sens du changement et à lutter contre l'impunité, car le problème au Mali c'est que les auteurs se sentent libres de se promener et de récidiver, parce que justement il n'y a pas de dispositif qui les freine », déplore Maimouna Diocounda Dembélé, responsable du volet prévention des violences basées sur le genre, du réseau Avocats sans frontières.

Un avant-projet de lois issu des concertations de la société civile existe sur le sujet. Un projet qui tarde à être porté à l'assemblée par le gouvernement alors que le pays est l'un des rares de l'espace Cédéao, à ne pas avoir de législation spécifique sur la question.

► A (RE)ECOUTER : Les violences faites aux femmes

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