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Burundi

Burundi: les raisons du regain de tension entre le pouvoir et Agathon Rwasa

Agathon Rwasa
© REUTERS/Thomas Mukoya

Officiellement, Agathon Rwasa et sa coalition Amizero y'Abarundi, « L'Espoir des Burundais » sont au gouvernement depuis les élections contestées de 2015 au Burundi, et ne peuvent donc pas se prévaloir de l'opposition selon la Constitution du pays. Mais la réalité est tout autre depuis le début, d'autant qu'il est considéré comme l'un des principaux sinon le principal rival du président Pierre Nkurunzziza. Ces relations viennent de se tendre encore un peu plus cette semaine avec la décision du pouvoir de lui retirer sa garde militaire, officiellement pour le mettre au même niveau que des hauts responsables de son rang.

Jusqu'ici, Agathon Rwasa s'était montré plutôt discret malgré les épreuves.
Interdiction de rencontrer ses militants, des centaines de partisans en prison pour « atteinte à la sûreté de l'Etat », les relations ont toujours été tendues avec le pouvoir du président Pierre Nkurunziza.

Mais les derniers épisodes de la vie politique burundaise ont obligé Agathon Rwasa à sortir du bois, ce qui explique sans doute le coup de sang gouvernemental.

Il y a d'abord eu la dernière session du dialogue interburundais de sortie de crise il y a un peu plus d'un mois, et qui s'est soldée par un échec. Le pouvoir burundais en veut énormément à Agathon Rwasa d'être alors totalement opposé à ses positions, d'autant qu'Agathon Rwasa y est clairement apparu comme le leader de son opposition interne, en l'absence de l'opposition en exil, qui n'était pas invitée.

Et à peine de retour à Bujumbura, le leader historique des ex-rebelles hutus des FNL a annoncé officiellement son opposition farouche à une révision de la Constitution qui doit permettre notamment à Nkurunziza, de rester au pouvoir jusqu'en 2034.

Depuis, une trentaine de ses militants accusés d'avoir fait campagne pour le « non » lors d'un référendum constitutionnel prévu en mai ont été arrêtés.
Aujourd'hui, le pouvoir a voulu lui lancer un avertissement en lui retirant sa garde militaire en qui il avait confiance. Un haut cadre burundais estime que Agathon Rwasa doit désormais faire clairement son choix. « On ne peut pas être à la fois au gouvernement et dans l'opposition », prévient celui-ci.

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