Guinée équatoriale: des zones d’ombre autour du prétendu coup d’Etat déjoué

Vue du centre-ville de Malabo en Guinée équatoriale.
© STR / AFP

C'est toujours le flou en Guinée équatoriale après l'annonce par les autorités d'un coup d'Etat déjoué. Le gouvernement accuse des « mercenaires étrangers » d'avoir tenté de déstabiliser le régime du président Teodoro Obiang Nguema. Des recherches sont en cours dans tout le pays, selon un haut responsable. Et ce jeudi, l'ONU a annoncé l'envoi d'un émissaire spécial pour tenter d'y voir plus clair.

Obtenir des informations claires, ce sera l’une des missions de François Louncény Fall qui arrivera à Malabo la semaine prochaine. Ce jeudi, un porte-parole de l'ONU a reconnu que même l'institution internationale avait bien peu d'information.

Mercredi, les autorités guinéennes ont affirmé à la radio nationale avoir déjoué une tentative de coup d'Etat. Des affrontements auraient eu lieu entre les forces de sécurité guinéennes et des mercenaires, près des frontières avec le Cameroun et le Gabon. Un des mercenaires aurait été tué et les autres se seraient dispersés dans les forêts environnantes. D'après le ministre de la Sécurité, ces hommes seraient Tchadiens, Soudanais et Centrafricains et travailleraient pour des partis de l'opposition radicale.

C'est nos populations qui ont été intriguées par un mouvement inhabituel.

Issa Tchiroma, le porte-parole du gouvernement camerounais
05-01-2018 - Par Gaëlle Laleix

Une semaine plus tôt, le Cameroun voisin avait déjà arrêté une quarantaine d'hommes armés, dans la localité de Kiyosi à la frontière équato-guinéenne. Le porte-parole du gouvernement nous a confirmé qu'il s'agissait également de mercenaires tchadiens, centrafricains, camerounais et équato-guinéens.

Affaire régionale

Cette affaire a aussi pris une ampleur régionale avec notamment la visite éclair du ministre tchadien des Affaires étrangères. Mahamat Zen Cherif s'est rendu jeudi à Malabo pour y rencontrer le président Obiang. Le ministre tchadien a fait part de sa sollicitude, affirmant que « cette tentative de coup d'Etat est une menace sérieuse » pour toute la sous-région.

Une réaction tchadienne rapide, mais il faut dire que plusieurs éléments, d'après les autorités guinéennes, pointaient dans la direction de Ndjamena.  D'abord, il y a eu cette arrestation, la semaine dernière, au Cameroun d'un ex-général de l'armée tchadienne : Mahamat Kodo Bani. Puis quelques jours plus tard, celle de l'ambassadeur de Guinée équatoriale au Tchad, qui était alors en vacances dans son pays.

Enfin hier, l'ambassadeur du Tchad à Malabo a révélé qu'une soixantaine de commerçants tchadiens en Guinée équatoriale ont été arrêtés. Une partie d'entre eux a été libérée juste après la visite du ministre des Affaires étrangères.

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