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RDC

Violences en RDC: polémique entre le pouvoir et l’Eglise catholique

Vue de Kinshasa, capitale de la RDC.
© Wikimedia/Moyogo

En République démocratique du Congo, le bureau politique du parti au pouvoir s'est réuni, ce jeudi, pour « évaluer la situation » dans le pays. Dans un communiqué, il a réagi aux propos tenus par le cardinal de Kinshasa, Laurent Monsengwo, lors de la messe de commémoration des martyrs de l'indépendance. Le cardinal est revenu sur la répression de la manifestation du 31 décembre, dénonçant des « brutalités policières ».

Pour la Majorité présidentielle, le cardinal a tenu des « propos injustes et injurieux ». Alain André Atundu, son porte-parole estime que certains représentants de l'Eglise sortent ici de leur rôle.

« La messe, en tant que commémorant le 4 janvier, je crois que c’est une coutume républicaine qui est ancrée dans nos mœurs. Mais évidemment les propos tenus à cette occasion sont des propos de circonstances qui malheureusement donnent à penser que l’église quitte son rôle d’être au milieu du village pour prendre fait et cause avec les adeptes de la prise de pouvoir par la violence de la rue et en dehors des moyens démocratiques. C’est le rôle de l’église d’être au milieu du village, de ne pas prendre fait et cause. Or ici, l’église s’est substituée à l’opposition qui est en naufrage en lui offrant une perche de sauvetage par cette manche qui vient opportunément donner du poil de la bête à l’opposition politique radicalisée, il faut le dire ».

Pas de consensus sur les bilans

Concernant les dernières violences, la bataille des bilans se poursuit. Ce jeudi, l'Eglise catholique a livré son premier bilan provisoire : cinq morts et plus de 150 paroisses « agressées », selon un communiqué. Les autorités parlent elles aussi de 5 morts enregistrés le 31 décembre, mais assurent qu'il s'agissait d'un policier, ainsi que des bandits et des terroristes qui seraient morts sans lien avec la manifestation.

Une version que contestent les familles, qui pointent du doigt les forces de l'ordre, et que dénonce Georges Kapiamba, président l’Association congolaise pour l'accès à la justice (Acaj). Il demande la mise en place rapide d'une commission d'enquête indépendante.

« Il s’agit tout simplement d’une banalisation des crimes qui se rapproche de plus en plus de l’apologie des crimes. Les responsables officiels doivent prendre le temps nécessaire pour vérifier toutes les informations. Ils ne doivent pas continuer à créer une confusion et à entretenir un flou sur les faits qui doivent faire l’objet d’une vérification responsable. Comme vous l’avions déjà fait lors de la réunion de la rencontre que nous avons eue avec la ministre des droits humains, la mise sur pied rapide d’une commission d’enquête indépendante et crédible, de sorte que cette commission puisse vérifier, enquêter, établir les responsabilités et prendre aussi des dispositions pour garantir des conditions de sécurité aux témoins et aux victimes qui sont nombreuses, dont la plupart hésitent aujourd’hui pour s’exprimer en public à la suite de toutes les arrestations qui se sont enchaînées ces derniers temps ».

Pour rappel, l'ONU évoquait dès lundi un bilan d'au moins cinq morts.

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