RDC: l'ONU dénonce les entraves à ses enquêtes sur la répression du 31 décembre

Le 31 décembre 2017, des Congolais ont manifesté pour demander au président Kabila de ne pas briguer un nouveau mandat à la présidence de la RDC. Une élection présidentielle est prévue en décembre 2018.
© John WESSELS / AFP

Le haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme dénonce des entraves dans son travail de monitoring (surveillance et supervision) en République démocratique du Congo. Depuis août dernier, ses équipes n'auraient plus accès aux morgues, aux hôpitaux et aux centres de détention, ce qui ne permet pas de donner un véritable bilan de la répression des marches du dimanche 31 décembre 2017. Des restrictions normales selon le porte-parole du gouvernement, Lambert Mendé, en raison de la nature des enquêtes qui concernent un «dossier criminel en cours d'instruction».

Selon le haut-commissariat, la répression des marches du dimanche 31 décembre 2017 aurait fait -pour l'instant- au moins 5 morts, 92 blessés et au moins 180 personnes arrêtées. Mais on est sans doute très loin du compte.

« Nous pensons que les chiffres des victimes des manifestations du 31 décembre pourraient être plus élevés, explique à RFI Elizabeth Thornell, l'une des porte-paroles du haut-commissariat. Nous n’avons pas d’information plus exacte, car nos collègues sur le terrain se sont vus refuser l’accès aux morgues, hôpitaux et aux centres de détention et ont été chassés de certains sites par les forces de défense et de sécurité.

Ce n’est pas la première fois que nos collègues se voient refuser l’accès, depuis des années nous avons eu des entraves, mais depuis août de l’année dernière la situation est devenue plus grave. Nous sommes extrêmement préoccupés parce que c’est contre une résolution du Conseil de sécurité de mars 2017 qui engage le gouvernement à faciliter l’accès des membres du bureau conjoint des Nations unies aux centres de détention, hôpitaux et aux morgues, pour recueillir des informations sur les violations des droits de l’homme... C’est aussi contre le protocole d’accord que le bureau de droit de l’homme a signé avec le gouvernement congolais. »

Pour le gouvernement, il s'agit de « morts suspectes »

Pour le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mendé il est normal que le haut-commissariat aux droits de l'homme n'ait pas accès aux morgues dans la mesure où il s'agit selon lui de « morts suspectes » et qu'une enquête est en cours.

Les magistrats travaillent normalement, déposent leurs rapports devant qui de droit… On n’a pas mis le parquet congolais à la disposition du Bureau conjoint aux droits de l’homme ! Le bureau conjoint peut enquêter mais il ne peut pas interférer sur une enquête qui est en cours au risque de corrompre le théâtre d’un crime.

La réponse de Lambert Mendé, au nom du gouvernement congolais
06-01-2018 - Par Florence Morice

Et aux familles qui assurent qu'on leur refuse le droit d'embaumer leurs proches morts le 31 décembre dernier, le ministre explique qu'on ne peut pas embaumer un corps qui est la disposition du magistrat car cela constitue une «manipulation».

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