L’ancien conseiller économique du Sénégal Henry Jean-Baptiste est mort

Henry Jean-Baptiste (à droite) décoré de la médaille d'officier de la Légion d'honneur par François Hollande, le 26 novembre 2012.
© REMY DE LA MAUVINIERE / POOL / AFP

Le Martiniquais Henry Jean-Baptiste, ancien conseiller économique du Sénégal, est décédé. L’homme de 85 ans s’est éteint à Paris vendredi 5 janvier. Il fait partie de ces Antillais qui se sont investis auprès des Etats indépendants en Afrique dans les années 1960-1980.

Henry Jean-Baptiste est né le 3 janvier 1933 à Fort-de-France, en Martinique. Brillant étudiant au lycée Schoelcher de Fort-de-France, il poursuit des études en droit et en philosophie à Paris, notamment à la Sorbonne. En 1958, il sort major de l'Ecole nationale d'administration (ENA). Diplômé de sciences politiques, l’Antillais intègre en 1962 la Cour des comptes comme conseiller référendaire.

Quelques années plus tard, en 1970, le président du Sénégal Léopold Sédar Senghor lui demande de rejoindre son cabinet. Henry Jean-Baptiste quitte Paris pour devenir conseiller économique du gouvernement sénégalais. C’est l’époque où le Sénégal est confronté à une crise agricole. L’Etat sénégalais décide alors de mettre en place des réformes structurelles pour faire face aux difficultés et tenter de relancer la croissance économique.

Homme pragmatique

Henry Jean-Baptiste, expert du gouvernement sénégalais, contribue en 1975 à la création de la communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). L'organisme a pour mission de promouvoir la coopération et le développement dans tous les domaines économiques, de supprimer les obstacles à la libre circulation des personnes, des biens et des services, et d'harmoniser les politiques sectorielles régionales.

Homme, pragmatique, il est remarqué par le président de la République française Valéry Giscard d'Estaing. En 1979, Henry Jean-Baptiste rejoint son cabinet comme conseiller chargé des relations Nord-Sud. Après 1981, Henry Jean-Baptiste se consacre à l’Outre-mer en créant l'association France Outre-mer (AFOM). Son but : mettre plus en valeur les départements et territoires d'Outre-mer.

Mayotte, son dernier grand combat

En 1986, Henry Jean-Baptiste est élu député de Mayotte, poste qu’il occupe jusqu’en 2002. En 1999, il présente un manifeste en faveur de la départementalisation signé par des élus de l’île. Il se bat avec les Mahorais pour la création la collectivité départementale de Mayotte. Au référendum de 1974 et 1976, les Mahorais avaient choisi de rester français plutôt que de devenir indépendants.

Le 31 mars 2011, Mayotte, qui est revendiquée par la République des Comores, devient officiellement le 101e département français et le cinquième d'outre-mer avec La Réunion, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.