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Burundi

Burundi: des opposants au référendum constitutionnel arrêtés

Une vingtaine d'opposants au projet de révision de la Constitution qui sera soumis à référendum en mai 2018 a été arrêtée.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimana

Le pouvoir prépare un référendum en mai 2018 en vue d'une révision de la Constitution qui devrait permettre notamment au président Pierre Nkurunziza de rester au pouvoir jusqu'au moins en 2034 en lui donnant les pleins pouvoirs dans pratiquement tous les domaines. Le gouvernement a donc lancé à travers tout le pays depuis le 12 décembre une campagne d'explication des amendements qui vont être apporté à cette Constitution. Depuis, une vingtaine d'opposants accusés de faire campagne contre le référendum a été arrêtée.

Le gouvernement assure être engagé dans une simple explication de texte. Mais la réalité est tout autre sur le terrain. Des reportages des radios et de la télévision nationale ont montré à plusieurs reprises de hauts responsables burundais faisant publiquement campagne pour le oui, alors que des opposants accusés de faire campagne pour le non sont arrêtés à travers le pays.

« Les autorités font campagne pour le oui, en violation bien sûr de la loi parce que maintenant nous sommes dans la phase d'explication des éléments qui ont changé dans la Constitution, mais non pas la phase de campagne pour ou contre la Constitution. Alors, pour nos membres, ils sont arrêtés ici et là. On a arrêté une vingtaine de personnes à peu près. Elles sont accusées d'avoir fait campagne pour ou contre la nouvelle Constitution », dit Pierre Célestin Ndikumana est le président du groupe parlementaire d'opposition Amizero y'Abarundi. Ce député dénonce des « arrestations arbitraires ».

Quant aux membres du gouvernement qui militent déjà pour un oui à ce référendum, la Commission électorale n'est pas compétente dans ces cas, a avoué son porte-parole hier sur une radio locale. « C'est une campagne précoce. Il n'y a pas de conséquences puisque la Céni n'est pas compétente pour contrôler le gouvernement. Il y a d'autres organes qui sont chargés, dans le cadre de la séparation du pouvoir, de contôler l'action du gouvernement, c'est pas la Céni », a expliqué Prosper Ntahorwamiye.

C'est la preuve, aux yeux de plusieurs opposants, que le référendum constitutionnel prévu en mai au Burundi est « une grande mascarade ».

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