Zimbabwe: la légalité du doctorat de Grace Mugabe de nouveau mise en question

Grace Mugabe pendant un rassemblement dans un stade d'Harare, le 5 novembre 2017.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

Au Zimbabwe, le nom de Grace Mugabe figure sur la liste des diplômés de 2014 de l'université. L'ex-Première dame a obtenu cette année-là un doctorat de philosophie. Ce fut alors la source d’une controverse et ce n’est pas fini puisque désormais, les autorités anticorruption du pays ont, elles aussi, des doutes.

Son doctorat de philosophie avait été remis en grande pompe à Grace Mugabe par le département de sociologie de l'Université du Zimbabwe. A l’époque, son époux, le président déchu Robert Mugabe, occupait justement le poste de chancelier de l'université. Et déjà à l'époque, cette remise de diplôme avait suscité la controverse. Certains étudiants étaient allés jusqu'à boycotter la fin de leurs examens pour contester l'octroi de ce doctorat.

Plusieurs critiques du régime avaient notamment mis en doute le travail réalisé par Grace Mugabe avec ces deux arguments: tout d’abord, ils estiment que l'épouse de Robert Mugabe aurait obtenu ce doctorat seulement quelques mois après son inscription à l'université alors qu'un tel travail demande, généralement, plusieurs années de recherche et de rédaction. Et enfin, le document en question n'a jamais été rendu public. Il est pourtant de coutume, pour les universités publiques du Zimbabwe, de publier les thèses de leurs doctorants, une fois achevées.

La Commission anticorruption va donc chercher à déterminer si Grace Mugabe a obtenu frauduleusement ou non son doctorat de philosophie. L'ancienne Première dame, connue pour ses goûts de luxe et ses coups de colère, n'a pas encore réagi à cette annonce. Elle ne s'est d'ailleurs pas manifestée publiquement depuis la chute de son mari, en novembre dernier.

Il y a d'autres priorités du point de vue corruption qui sont plus larges et qui auraient pu avoir un impact plus important sur le pays que cette question du doctorat. C'est très symbolique.
Stéphanie Wolters, de l'Institut d'études et de sécurité de Pretoria
10-01-2018

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