Afrique du Sud: Jacob Zuma s’accroche à son fauteuil de président

Le président sud-africain Jacob Zuma à la tribune du 54e congrès de l'ANC, à Johannesburg, le 16 décembre 2017.
© REUTERS/Siphiwe Sibeko

En Afrique du Sud, il a résisté, il a survécu à plusieurs scandales, mais jusqu’à quand ? Le sort du président Jacob Zuma est toujours incertain. Depuis plusieurs semaines, les spéculations vont bon train. Une partie de son mouvement, l’ANC, aimerait que le chef de l’Etat démissionne avant les élections générales, prévues l’année prochaine. Et pourtant, malgré les multiples appels, Jacob Zuma est toujours à son poste, indéboulonnable.

Partira, ne partira pas ? Le sort de Jacob Zuma n’est toujours pas scellé. L’entourage du nouveau président de l’ANC, Cyril Ramaphosa, souhaiterait un départ anticipé du chef de l’Etat afin que le parti ait toutes ces chances de conserver sa majorité lors des prochaines élections, l’année prochaine. Certains ont même souhaité un départ avant le 8 février, date du discours à la nation du président.

Mais même si les appels à sa démission se multiplient, y compris dans ses rangs, Jacob Zuma s’accroche. Le weekend dernier, un de ses proches alliés lui aurait suggéré de se retirer. Ce que Jacob Zuma aurait catégoriquement refusé. Son départ devait également être discuté lors d’une réunion des dirigeants de l’ANC, ce mercredi, mais officiellement le sujet n’a pas été abordé.

Selon des experts en droits, le chef de l’Etat a été élu par le Parlement, ce ne sont que les députés qui peuvent le rappeler. Un scénario peu envisageable. En effet, Jacob Zuma a déjà survécu à une multitude de votes de défiance. Alors est-il aujourd’hui indéboulonnable ? Ça n’est qu’une question de temps estiment ses détracteurs.

Pour l’analyste politique Susan Booysen de l’université de Johannesburg, l’étau se resserre autour de lui : « Il n’est plus le président de l’ANC, celle qu’il soutenait, Nkosazana Dlamini Zuma a perdu l’élection pour lui succéder à la tête du parti, les dirigeants de l’ANC sont sous forte pression, le Parlement est en train de revoir la procédure de destitution d’un président. Bref, tout est en train de bouger. »

Pour Booysen, la question n’est plus si Zuma va quitter le pouvoir mais plutôt quand va-t-il partir. Selon l’analyste Dumisani Hlophe, l’ANC préfère de toute façon une solution négociée. « Il y a en effet un sentiment d’urgence à voir partir Zuma le plus rapidement possible. Mais c’est une affaire sensible qui nécessite beaucoup de tact politique. Le mieux pour l’ANC serait non pas de le rappeler, mais que lui démissionne de son plein gré. Si l’ANC  le renvoie maintenant, il sera humilié et ce ne sera pas bon pour le parti. Politiquement, ils ne veulent pas faire cela. »

Selon plusieurs analystes, des discussions sont d’ailleurs en cours pour trouver une porte de sortie acceptable pour le chef de l’Etat. Toute la question est : Jacob Zuma sera-t-il celui qui prononcera le discours à la Nation le mois prochain ?

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