Angola: le fils de l’ex-président dos Santos évincé de la tête du fonds souverain

Le président Joao Lourenço (ici le 8 janvier 2018 à Luanda) continue de faire le ménage à la tête de l'Etat angolais.
© AMPE ROGERIO / AFP

Le président angolais a démis Jose Filomeno dos Santos de ses fonctions à la tête du fonds souverain. Le fils de l'ex-président dos Santos occupait ce poste depuis 2013, il était soupçonné d'avoir utilisé le fonds souverain pour favoriser son ami et homme d'affaires basé en Suisse, Jean-Claude Bastos. Le président angolais s'est lancé dans une entreprise de démantèlement de l'empire familial des dos Santos qui avaient mis la main sur les secteurs clé de l'économie angolaise.

« Ezonerador implacavel », le liquidateur implacable comme le surnomment les Angolais, a encore frappé. Joao Lourenço a en effet scalpé une nouvelle tête du clan dos Santos. Après la fille Isabel, renvoyée de la compagnie pétrolière angolaise, après le gendre Sindika Dokolo, dont les intérêts diamantifères ne sont plus soutenus par l'état, c'est au tour de José Filomeno, le fils préféré de l'ancien président.

Ancien trader londonien, José Filomeno dirigeait depuis 2013 le Fonds souverain angolais, un portefeuille de cinq milliards de dollars, constitué en 2011 lorsque le pétrole était au plus haut. Censé servir les générations futures, ce fonds a surtout enrichi un ami personnel de Filomeno, l'homme d'affaires angolo-suisse, Jean-Claude Bastos de Morahais qui gère à lui seul 85 % du fonds. Et s'en sert habilement pour ses propres projets en Angola.

Lente chute

En cinq ans, la trajectoire de Filomeno s'est brutalement inversée. L'ancien trader londonien, devenu banquier à Luanda, avait été pressenti par son père Edouardo dos Santos pour lui succéder à la tête du pays. Mais dès 2015 les caciques du MPLA ont rejeté cette hypothèse.

Désormais, Filomeno perd la main sur la cagnotte de l'Etat angolais. Il va sans doute devoir justifier son bilan, alors que les deux tiers de cette cagnotte dorment sur des comptes en banque à l'île Maurice, comme l'a révélé le scandale des « Paradise Papers ». 

Rendre la gestion du pays plus transparente

Mais malgré ces sanctions, les dos Santos restent les principaux acteurs économiques du pays, avec des parts dans différentes sociétés et banques d'affaires. « Il faut aller plus loin et récupérer l'argent », explique un activiste angolais qui note qu'il reste à Joao Lourenço du chemin à faire pour convaincre de ses bonnes intentions en s'attaquant à d'autres piliers du régime, l'ex-président Vicente et certains des généraux de la junte au pouvoir, accusés eux aussi de détournements.

Aux yeux des Angolais, y compris des cadres de base du MPLA, comme de la communauté internationale, il est urgent de rendre plus transparente la gestion du pays. Un pays exsangue depuis la chute des cours du pétrole.

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