Près de cinquante migrants maliens meurent en Méditerranée

Des migrants attendent d'être secourus par les garde-côtes italiens, à 30 miles marins de la côte libyenne, le 6 août 2017.
© ANGELOS TZORTZINIS / AFP

Le Mali est en deuil après la mort de 48 de ses ressortissants, noyés alors qu'ils tentaient de franchir la Méditerranée. Le drame a eu lieu ce week-end, mais on ne l'a appris qu'hier. Le président de la République s'est exprimé.

Ibrahim Boubacar Keïta a demandé à son gouvernement de tout mettre en oeuvre « pour punir les passeurs et les complices de ce drame ». La nouvelle est arrivée mardi après-midi sur le bureau du ministre des Maliens de l'extérieur. L'ambassadeur du Mali à Tripoli a téléphoné pour annoncer une dramatique nouvelle : au moins 48 ressortissants s'étaient noyés ce week-end en tentant de rejoindre l'Europe.

Selon l'Organisation internationale pour les Migrations (OIM) et le Haut-Commissariat de l'ONU (HCR), les migrants qui se trouvaient à bord de ce canot venaient de la Gambie, de Guinée, du Sierra Leone, du Mali, de Côte d'Ivoire, du Sénégal, du Cameroun et du Nigeria. L'embarcation était partie de Libye. Selon les premiers témoignages, le bateau transportait plus de 150 personnes lorsqu'il a commencé à couler entre la Libye et l'Italie. La majorité des victimes sont de nationalité malienne. Près de 70 personnes ont pu être sauvées par les gardes-côtes, dont quatre femmes et deux enfants. Des rescapés qui vont être rapatriés le plus rapidement possible, a promis le gouvernement. Ils sont pour l'instant au centre de détention Tarick Sicka à Tripoli. 

Le président malien a annoncé que tous les drapeaux seraient en berne sur l'ensemble du territoire pendant deux jours.

Dans la cour de toutes les mairies de Bamako et du pays tout entier, le drapeau malien est en berne, fermement attaché à son mât. Il le restera jusqu’à demain. Dans la capitale, Ousmane Diarra, le président de l’Association malienne des expulsés (AME), référence dans le domaine de la défense des droits des migrants, oscille entre colère et résignation.
L'indignation à Bamako
11-01-2018 - Par Anthony Fouchard

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