Contestation sociale en Tunisie: mobilisation en baisse à Tunis

Les forces de l’ordre déployées lors des manifestations à Tunis, en Tunisie, le 9 janvier 2018.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

La grogne contre la vie chère, contre le chômage et contre la politique d'austérité du gouvernement s'est encore traduite dans la rue ce vendredi en Tunisie. Jeudi soir, de nouveaux heurts sporadiques ont éclaté entre  jeunes et  policiers à Siliana, au nord-ouest de la Tunisie, mais la situation est restée calme partout ailleurs. Une manifestation s'est tenue sur l'avenue Bourguiba à Tunis ce vendredi 12 janvier.

La manifestation a quitté le théâtre du centre-ville de Tunis pour se diriger vers le gouvernorat. Sous une météo capricieuse, plusieurs dizaines de personnes, des militants, sont venus crier leur colère contre la vie chère et l’augmentation du prix de la vie.

Ils contestent surtout le projet de loi de finances 2018 qui a été promulgué à la fin décembre et qui augmente notamment la TVA. Les banderoles affichant le slogan « Fech Nestannew » ou  « Qu'est-ce qu'on attend » ont été être déroulées. Et il y a beaucoup de camions de police sur l’avenue et dans les rues adjacentes.

Pour les manifestants, la situation est claire : la révolution a permis une transition politique et l’organisation d’élections libres, il est temps aujourd’hui de s’attaquer au changement économique et à la justice sociale. Pourtant le gouvernement fait la sourde oreille face à ces revendications.

Les autorités ont choisi de réprimer et de décrédibiliser les manifestants, en les assimilant systématiquement à des casseurs. Le ministère de l’Intérieur a annoncé un total de 778 arrestations depuis le début des troubles. Plusieurs militants de la campagne « Fech Nestannew » ont notamment été arrêtés. Une dizaine d’entre eux sont en détention, accusés de troubles à l’ordre public.

Alors les manifestations de ce vendredi ont valeur de test à la fois pour « Fech Nestannew » et sa capacité de mobilisation après cette semaine mouvementée, mais aussi pour le gouvernement et sa gestion de ce mouvement social.

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