Tunisie: le président Essebsi célèbre la révolution en banlieue de Tunis

Le président Beji Caïd Essebsi, peu avant sa prestation de serment devant le Parlement, le 31 décembre 2014.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

En ce jour anniversaire de la révolution de 2011 en Tunisie, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, s’est rendu dans un quartier populaire en banlieue de Tunis. Il est venu inaugurer une Maison des jeunes. C’est la première fois qu’un chef de l’Etat se rendait sur place. Ce déplacement, minutieusement préparé, a été une opération de communication de grande ampleur.

La grande cité Ettadhamen est l’un des plus importants quartiers populaires d’Afrique. En banlieue ouest de Tunis, le symbole est donc fort pour Beji Caïd Essebsi qui, par sa seule présence, veut rappeler qu’il est le président de tous les Tunisiens. Des centaines de personnes – enfants, jeunes, familles - se sont massés autour de la Maison des jeunes.

Naghma, retraitée, est venue avec sa fille pour dire au président que la situation est devenue insupportable.

« Nous sommes venues ici pour présenter les problèmes de la jeunesse. Le chômage est partout et les gens que vous voyez ici, ce sont des gens qui ont besoin d’avoir des aides. Ce sont des gens qui ont des problèmes. C’est catastrophique, vraiment », s’insurge-t-elle.

La jeunesse a été le thème central de l’intervention du président. En ce jour anniversaire de la chute de Zine El Abidine Ben Ali, il a rendu hommage à la révolution et particulièrement le mouvement des Jeunes, affirmant que « 2018 sera l’année de la jeunesse ».

Au-delà de l’image d’Epinal de ce nonagénaire proche de son peuple, le quartier a été un lieu de tension, ces derniers jours, et nombre d’habitants craignent que la venue du président donne l’image d’un chef de l’Etat adulé par les classes démunies.

A quelques dizaines de mètres du lieu où s’est rendu le président, des rues sans caniveaux portent pourtant les traces des récentes pluies, rendant impossible la circulation dans de nombreuses ruelles du quartier.

Déployées massivement, les forces de l’ordre ont quadrillé le quartier, générant une tension perceptible, notamment vis-à-vis des journalistes étrangers que la présidence accuse de véhiculer une mauvaise image du pays.

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