RDC: les autorités religieuses protestantes interpellent le gouvernement

Le Premier ministre de République démocratique du Congo, Bruno Tshibala, quittant la messe célébrant le 17e anniversaire de la mort de l'ancien président Laurent-Désiré Kabila.
© JOHN WESSELS / AFP

Après les critiques de l'Eglise catholique, par la voix du cardinal Monsengwo au début du mois de janvier, c'est au tour de l'Eglise protestante d'interpeller les autorités congolaises sur leur gestion du pays. Cela s'est passé ce mardi 16 janvier à la cathédrale du Centenaire à Kinshasa, devant de nombreuses personnalités du pouvoir, à l'occasion de la messe organisée par le PPRD, le parti présidentiel, pour commémorer le 17e anniversaire de la mort de Laurent-Désiré Kabila, le père de l'actuel chef de l'Etat.

Le ton était moins offensif que celui du cardinal Monsengwo, mais le constat que dresse le pasteur Ekofo de la situation du Congo n'en est pas moins sévère. « Nous avons l'obligation de léguer à nos enfants un pays où l'Etat existe réellement. Je dis bien, réellement. Parce que j'ai l'impression que l'Etat n'existe pas vraiment », dit-il. Dieu a donné la gestion du Congo à nous, Congolais. Non pas aux Américains, aux Français, aux Belges, ni à qui que ce soit mais à nous, Congolais.

Nous ne devons pas transmettre un territoire désuni à nos enfants parce que nous-mêmes nous avons reçu un territoire uni. Ne cédons pas un milimètre de notre pays à qui que ce soit. Je voudrais m'adresser un peu à nos voisins. Dieu vous a donné votre terre. N'enviez pas la nôtre. Travaillez chez vous au lieu d'envier la République démocratique du Congo et avoir des stratégies pour en profiter. Surtout, ne prenez pas un centimètre du territoire, parce que le Congo ne sera pas toujours faible comme il l'est maintenant. Il va se réveiller un jour », a-t-il poursuivi sous les applaudissements.

Absence de justice, d'autorité, de routes, pendant plus de 20 minutes, le pasteur a listé les maux du Congo devant la femme du président Kabila, le Premier ministre, les présidents des deux assemblées et des personnalités de la majorité.

Mais pour Henri Mova, secrétaire général du parti présidentiel, l'interpellation du pasteur ne s'adressait pas qu'aux autorités. « La conscience de servir le Congo est là. Mais plein de gens nous empêchent de faire éclore tout le potentiel qu'il y a au Congo. Regardez toutes les machinations pour empêcher le peuple congolais de s'exprimer en un troisième cycle d'élections générales en instrumentalisant malheureusement l'Eglise. Les marches... Cela donne l'impression que c'est une cause noble que veulent défendre les prélats, mais c'est tout à fait faux », estime-t-il.

La veille, en conseil des ministres, les autorités ont qualifié les marches des laïcs catholiques d'« initiatives subversives » qui compromettent « les intérêts nationaux ».

A l'issue de la messe, la police a stoppé une marche improvisée de militants et sympathisants du PPRD qui faisaient route vers le mausolée de Laurent-Désiré Kabila. La police a exigé des responsables du parti qu'ils mettent à disposition des véhicules pour les transporter. Six personnes ont été interpellées puis relâchées dans la soirée. Henri Mova a confirmé que les autorités n'avaient pas autorisé cette marche. Dans un communiqué, le vice-gouverneur de Kinshasa, avait expliqué qu'en dehors du programme officiel toute autre activité publique était interdite.

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