La chaîne Canal+ accusée de promouvoir les intérêts de Bolloré au Togo

Vincent Bolloré, patron de la chaîne de télévision française Canal +.
© ERIC PIERMONT / AFP

En France, la chaîne de télé Canal + est accusée d’avoir fait la promotion du Togo sur son antenne. Le site d’informations Les Jours affirme que la chaîne cryptée a diffusé le 22 décembre 2017 un « publireportage » sur le pays, où Vincent Bolloré, l’actuel patron de la chaîne, a réalisé en 2017 un chiffre d'affaires de plus de 5 milliards d'euros.

L'histoire remonte au 22 décembre dernier et elle est racontée dans un article des Jours publié lundi 15 janvier (réservé aux abonnés). Selon le site d'informations, la chaîne de télévision Canal+ a diffusé tôt le matin, « en catimini » une vidéo de 6 minutes et demie faisant la promotion du Togo.

Jean-Baptiste Rivoire, rédacteur en chef à Canal+, élu du personnel au comité d’entreprise et membre de la société des journalistes de la chaîne, confirme et parle d'un reportage « clandestin ». « J’essaie de retrouver ce reportage pour voir sa nature et je ne le retrouve pas », indique-t-il à RFI

Le mois dernier déjà, Les Jours révélaient que deux responsables de Canal+ avaient été écartés après la diffusion d’un reportage sur la mobilisation des opposants togolais au président Faure Gnassingbé. Le reportage avait fortement déplu à la direction. Pour Jean-Baptiste Rivoire, les deux affaires sont liées.

« Avec les élus du CE, on demande déjà depuis plusieurs semaines pour quelles raisons le reportage critique sur le Togo, diffusé en octobre, a été bloqué et censuré par la suite. On n’a toujours pas de réponse. Et puis, évidemment, on a demandé s’il est exact qu’en parallèle on ait diffusé un publireportage sur le Togo sur les antennes de Canal », indique-t-il.

« Le problème de fond dans cette affaire, c’est que Vincent Bolloré, l’actionnaire, en principe doit se conformer à la loi française, poursuit Jean-Baptiste Rivoire. C’est-à-dire que les intérêts de l’actionnaire ne doivent pas venir entraver la liberté éditoriale des rédactions. Ça, c’est la loi Bloch. Et manifestement, dans la France d’Emmanuel Macron, les industriels qui achètent des médias peuvent piétiner la loi en toute impunité ».

De son côté, la direction de Canal+ n’a pas répondu à nos demandes d’interview.

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