L'affaire Houcine Arfa prend de l'ampleur à Madagascar

La procureure de la République, Odette Razafimelisoa, jeudi 18 janvier lors d'une conférence de presse sur l'affaire Houcine Arfa.
© Laetitia Bezain/RFI

Hier, c'est la procureure générale de la République et le directeur de la police judiciaire qui ont riposté aux accusations du Français lors d'une conférence de presse conjointe. Le Français Houcine Arfa, jadis proche de la présidence malgache, affirme avoir versé 70 000 euros à la ministre de la Justice et 30 000 au procureur. Allégations grotesques selon les intéressés.

Houcine Arfa n'est pas l'homme qu'il prétend être. C'est en substance ce qu'ont voulu faire comprendre les autorités malgaches hier. Alain Bruno Andrianirina, le directeur de la police judiciaire malgache, a d'ailleurs tenu à révéler que le Français avait déjà eu affaire à la justice dans son pays.

« Puisqu'on collabore avec la police française, on a demandé les antécédents judiciaires de Houcine Arfa. Nous n'avons pas été déçus en apprenant que son casier judiciaire n'était pas vierge. Il est fiché dans les registres de la police française . Rien qu'en 2001, il a été condamné trois fois. La première fois pour un vol a main armée, la deuxième pour coups et blessures, et la troisième pour kidnapping. »

Si Houcine Arfa affirme avoir versé 30 000 euros à la procureure d'Antananarivo pour pouvoir s'évader, la principale intéressée, Odette Razafimelisoa, dément. Le Français a bien tenté de la soudoyer afin qu'elle lui signe une autorisation pour aller à l'hôpital, mais elle a refusé, explique-t-elle.

« Le fait de soudoyer, ça m'a vraiment choquée et c'est pourquoi j'ai dit "je ne peux pas faire ça''. Je n'ai pas besoin de ce qu'il me propose. (NDLR J'ai dit) : ''Mieux vaut que vous alliez demander à la ministre parce que c'est elle qui est la première responsable (NDLR de l'administration judiciaire)''. Et je sais bien que ce sont les grèves de la faim (NDLR qu'il a faites), les insistances de l'ambassade qui ont poussé la ministre à faire cette autorisation. »

La ministre magache de la Justice, à qui Houcine Arfa dit avoir versé 70 000 euros, n'a pour l'heure pas souhaité réagir. Mais son directeur de cabinet a, lui, démenti les accusations du Français.

De son côté, le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) a indiqué s’être saisi de l’affaire. « Nous n'en sommes qu'au stade de recoupement des informations », a indiqué son directeur général, Jean-Louis Andriamifidy.

Ancien formateur de la garde présidentielle malgache, Houcine Arfa a été ensuite emprisonné et condamné à trois ans de prison ferme à Madagascar notamment pour association de malfaiteurs, détention d'arme et de munitions et tentative de kidnapping. L'homme a pu s'échapper et regagner la France le 1er janvier. Depuis, il explique être innocent et faire l'objet d'un complot. Il affirme avoir été aidé par plusieurs personnes haut placées de l'administration malgache, dont la ministre de la Justice, pour pouvoir s'évader en échange d'importantes sommes d'argent.

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