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Somaliland

Somaliland: une arme juridique contre le viol

Une vue de Hargeisa, capitale de la Somaliland (photo d'illustration).
© ©MOHAMED ABDIWAHAB/AFP

Pour la première fois, le Somaliland se dote d'une véritable arme juridique contre le viol. Ce territoire de la Corne de l'Afrique, qui s'est autoproclamé indépendant en 1991 mais qui n'est pas reconnu par la communauté internationale, vient d'élire un nouveau président, Muse Bihi, en novembre. Et des réformes sociétales sont engagées : le Parlement vient ainsi de voter un texte spécifique sur le viol, et il prévoit de condamner les violeurs à de lourdes peines.

C'est une victoire pour les organisations de la société civile qui militent depuis des années contre les agressions sexuelles.

Le texte prévoit jusqu'à 30 ans d'emprisonnement pour les violeurs. Quant à ceux qui infecteraient leurs victimes avec le sida, ce sera la prison à vie. « Cela va redonner des droits à ces femmes et dissuader les criminels, indique Nafisa Yusuf. Le Somaliland se dote enfin d'un vrai texte sur le viol, avec de lourdes peines pour les agresseurs qui n'étaient jamais dénoncés, ou quasi jamais condamnés », détaille la directrice de l'organisation Nagaad, qui a participé à la rédaction du texte.

En effet auparavant, les affaires de viol étaient pour la plupart réglées de manière traditionnelle, à travers ce qu'on appelle le Hal, une médiation. « Souvent, après discussions entre les familles et les clans des deux parties, la victime recevait de l'argent comme compensation. Certaines devaient même parfois épouser leurs bourreaux », explique Mohamed Mahad Dhama, directeur de l'organisation Y-PEER.

Or désormais, même les médiateurs ou tous ceux qui essaieront de régler une affaire en dehors du circuit judiciaire seront eux aussi punis. Le texte apparaît d'ailleurs dans un contexte où les agressions sont en hausse depuis plusieurs années, avec l'apparition même de gangs de violeurs.

Votée à une écrasante majorité par le Parlement, cette loi doit encore passer par la chambre haute. « Je suis confiant. Elle sera adoptée, car depuis plusieurs années, il y a une prise de conscience », indique Mohamed Mahad Dhama.

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