Tensions meurtrières entre le Puntland et le Somaliland

Vue de Hargeisa, capitale de la Somaliland (photo d'illustration)
© ©MOHAMED ABDIWAHAB/AFP

Des affrontements inter-claniques auraient fait au moins une quinzaine de morts lundi 22 janvier dans la région frontalière entre le Somaliland et le Puntland. Une conséquence de la tension qui ne cesse de monter depuis début janvier entre d'un côté un territoire qui s'est autoproclamé indépendant en 1991, de l'autre un territoire semi-autonome appartenant au système fédéral somalien. Entre les deux, une région revendiquée par les deux parties.

« Somaliland et Puntland sont nerveux. Il y a des mouvements de troupes et une étincelle pourrait entraîner une escalade », explique une bonne source.

Les deux côtés se regardent en chien de faïence depuis que le 8 janvier, des affrontements à l'arme lourde ont éclaté dans la région frontalière disputée de Sool. Après avoir accusé son voisin de provocation, le Somaliland a pris le contrôle de la localité de Tukarak. « On est dans un no man's land, dominé par des clans partagés entre les deux pays. C'est un conflit non résolu depuis plus de 25 ans », indique un connaisseur de la région.

Même si les violences frontalières entre milices sont régulières, les combats directs entre armées sont beaucoup plus rares. Ceux du 8 janvier sont survenus juste après la présidentielle au Somaliland. Le Puntland avait alors menacé d'utiliser la force si le scrutin était organisé dans les régions contestées de Sool et Sanaag.

Hargeisa avait ensuite protesté contre la visite, sur son territoire, d'un ministre venu de Mogadiscio.

Ces derniers jours, la rhétorique est virulente. Le président du Puntland a promis que son voisin paierait pour la prise de Tukarak. Abdiweli Gaas a même accusé Hargeisa de soutenir les groupes terroristes Etat islamique et Shebabs. « Il est impopulaire et affaibli. Il cherche peut-être à détourner l'attention », analyse un chercheur.

De l'autre côté de la frontière, le tout nouveau président du Somaliland vit là son premier gros test. Ancien militaire, Muse Bihi a déclaré que son pays défendrait ses frontières à n'importe quel prix.

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