Ahmed Abba, libre, en visite à France Médias Monde

Ahmed Abba, journaliste de RFI en langue haussa entouré sur sa droite, de Marie-Christine Saragosse PDG de FMM, des avocats Me Charles Tchoungang et Me Clement Nako. Sur sa gauche, de Cécile Mégie, directrice de RFI et Yves Rocle, directeur Afrique de RFI.
© © RFI/Anthony Ravera

Notre correspondant en langue haoussa, Ahmed Abba, était mercredi 24 janvier dans les locaux de France 24 et RFI. L'occasion de fêter sa récente libération en présence de son comité de soutien. Parmi les personnalités présentes : la secrétaire générale de la Francophonie, Michaelle Jean, ou encore Christophe Deloire de Reporters Sans Frontières. Ahmed Abba a recouvré la liberté en décembre dernier après plus de 2 ans de détention pour avoir couvert la situation sécuritaire dans l'extrême-nord du Cameroun, zone d'activité du groupe terroriste Boko Haram.

« Depuis mon arrestation, le 30 juillet 2015 à Maroua, vous avez cru en mon innocence. Vraiment, les mots me manquent pour vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi ».

Ces quelques mots de notre confrère Ahmed Abba, tout ému, dans son costume traditionnel haoussa face à ses collègues ou des personnalités venus célébrer sa libération, mais qu'il rencontrait pour certains pour la première fois.

Plus émue encore, la présidente-directrice générale du groupe France Médias Monde, Marie-Christine Saragosse : « J'imagine que personne n'est prêt à affronter deux ans et demi de prison, et ce qui m'a frappé c'est d'abord ton courage, ta force de résistance, le fait que tu n'as jamais courbé l'échine. Donc je voudrais tous qu'on te dise bravo Ahmed et qu'on t'applaudisse très fort  [applaudissements].

«On va continuer pour sauver et protéger notre métier»

Ahmed Abba a passé exactement 876 jours derrière les barreaux. Il avait été condamné à 10 ans de prison en première instance, avant d'être relaxé du principal chef d'accusation de « blanchiment de terrorisme ».

La seule charge retenue contre lui est celle de « non-dénonciation », une accusation dont Ahmed Abba ne rougit pas, fier d'avoir su protéger ses sources, même sous la torture. « Moi j'ai déjà sacrifié ma vie. On ne baisse pas les bras. On va continuer pour sauver et protéger notre métier », assure Ahmed Abba.

Un courage déjà récompensé alors qu'il se trouvait encore en prison. Ahmed Abba a reçu le prix de la liberté de la presse internationale par le Comité de protection des journalistes.