RCA: que font donc ces militaires russes près de la tombe de Bokassa?

Un homme de l'armée de la République centrafricaine pose devant la statue de Jean-Bedel Bokassa sur l'ancien site du palais présidentiel à Berengo, à 50 kilomètres de Bangui en 2015.
© ©PATRICK FORT/AFP

Depuis quelques jours, des photos diffusées sur les réseaux sociaux font polémique en Centrafrique. Elles montrent une poignée de militaires russes dans les ruines de l'ancien domaine de Bérengo et de tentes militaires à quelques mètres de la tombe de Jean-Bedel Bokassa. Les héritiers de Jean-Bedel Bokasa sont remontés et la présence de ces militaires russes à 65 km de Bangui alimentent toutes les spéculations.

Dans un communiqué, une partie des héritiers Bokassa disent « avoir appris avec émoi et consternation  la présence de soldats russes sur les terres ancestrales de Berengo ». Berengo c'est le domaine, installé sur une dizaine d'hectares à 65km de Bangui, qui a abrité à la fin des années 70 la cour de l'empereur Bokassa. Outre des bâtiments agricoles ou adminsitratifs, le domaine comprenait aussi notamment un champ de tir et une piste d'aterrissage. Quarante ans plus tard, la piste est inutilisable et le domaine à l'abandon. Mais Bokassa y est enterré.

La Russie vient de livrer des armes à la Centrafrique. Et Berengo pourrait servir de centre de formation où des instructeurs russes enseignerait leur maniement aux militaires centrafricains nouvellement formés.

Le communiqué dénonce l'installation des militaires russes « sans aucune consultations des héritiers » et demande l'éloignement du cantonnement par respect pour la sépulture.

Dans un tweet publié sur son compte Twitter personnel, le ministre de l'administration territoriale, lui aussi héritier de l'empereur, Jean-Serge Bokassa « s'indigne du procédé » : « Surprise totale. Pas d'échanges préalables. Pourtant notre père y repose mais plus en paix... »

Du côté du gouvernement, on se refuse à réagir officiellement, mais en off, on indique que Berengo appartient à l'Etat, ce qu'une partie de la famille conteste. On indique aussi que les militaires russes sur place sont là pour évaluer si ce terrain peut servir à former les FACA et qu'il ne s'agit pas d'une installation.

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