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Tchad

Au Tchad, les fonctionnaires protestent contre la suppression des primes

La place de la Nation, dans le centre de Ndjamena.
© Wikimedia Commons

Au Tchad, grosse colère des fonctionnaires depuis le week-end du 27 et 28 janvier après le paiement des premiers salaires de l’année 2018. Les primes ayant été coupées, les trois syndicats qui forment la plateforme et qui discutent depuis une année avec le gouvernement sur la réduction des salaires ont décidé d’une grève sèche dans toute l’administration publique. Seul le secteur de la santé bénéficiera d’un service minimum.

La colère était perceptible ce lundi dans la cour de la bourse du travail où les syndicalistes viennent de lancer le mot d’ordre de grève illimitée. Ils avaient prévenu depuis le 23 janvier qu’en cas de réduction des salaires, la grève était automatique.

« Nous avons dit, dès qu’on aura constaté une baisse de nos salaires, immédiatement une grève sera déclenchée. Ce matin, il y a eu donc une réunion de la plateforme syndicale qui a abouti au déclenchement d’une grève illimitée sur l’ensemble du territoire national. Et cette grève illimitée va être accompagnée d’un service minimum au niveau de la santé qui va donc commencer à partir de demain [le 30 janvier], jusqu’au 6 février 2018 », explique Barka Michel, président de l’Union des syndicats du Tchad.

Les syndicats, qui estiment avoir pris leur part dans l’effort national pour sortir le pays du marasme économique, indiquent que c’est au gouvernement de prendre sa part cette fois-ci. « Il y a des meilleures mesures à appliquer. Il sait que la fonction publique est truffée de faux fonctionnaires. Il sait que les gens gagnent deux, trois fois leur salaire. Plus grave, dans le domaine des recels comme la douane, ils prennent des militaires pour aller courir derrière les douaniers. Vous êtes sûr que ces gens vont récupérer de l’argent pour aller mettre au Trésor. Nous avons déjà cédé une bonne partie de notre salaire depuis l’an dernier. Je pense que cela suffit. Nous nous arrêtons là », ajoute Barka Michel.

Lundi, la plupart des services de l’administration n’ont pas fonctionné, ainsi que les écoles. Une soixantaine d’élèves qui manifestaient violemment contre l’interruption des cours ont été interpellés par la police pour troubles à l’ordre public. Sollicitées par RFI, les autorités tchadiennes n'ont pas été joignables pour réagir à cette mobilisation.

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