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Togo Société

Togo: nouveaux rassemblements des partisans du pouvoir et de l'opposition

Rassemblement de Togolais pour réclamer l'alternance politique, à Lomé, au Togo, le 5 octobre 2017. (Photo d'illustration)
© MATTEO FRASCHINI KOFFI / AFP

Le dialogue politique annoncé par le gouvernement togolais est au point mort pour l'instant : aucune date n'a été annoncée. A chaque camp son rassemblement, ce mercredi 31 janvier au Togo, celui de la coalition de l'opposition et celui du parti au pouvoir. D’un côté les réclamations politiques tenues par la coalition des quatorze partis de l’opposition qui manifeste depuis bientôt six mois, de l’autre la jeunesse du parti au pouvoir.

Les points de départ sont restés les mêmes, les itinéraires aussi. Pour l’opposition, la marche est un mode d’expression pour se faire entendre et il n’y a pas d’autre solution pour l’instant, selon le professeur Komi Wolou, membre de la coalition des 14 : « Nous devons insister, parce que nous sommes persuadés que ce régime finira par céder, et qu'ils comprennent que ces manifestations, cette insistance, sont des avertissements. Et nous insistons, dans l'intérêt général, pour qu'il y ait un dialogue qui nous permette de sortir de la situation. »

Plusieurs pancartes des manifestants exprimaient bien la colère de l'opposition le long du boulevard circulaire : « Nous voulons l’alternance », « 50 ans ça suffit ». La marche les a conduits jusqu’à la plage.

Une tout autre ambiance plus au nord de la ville, où le mouvement des jeunes du parti au pouvoir, l'Union pour la République (Unir) a pris quartier sur le terrain de Tokoin Forever. L’ambiance est festive, on chante et on danse, on célèbre le vivre ensemble. Malick Natchaba, président du mouvement des jeunes du parti Unir : « Nous sommes là pour montrer que la jeunesse doit se mobiliser, pour prendre toute sa part dans la construction économique de notre pays, et aussi travailler dans la paix, travailler à un climat de paix, à un climat de bonne entente et à un climat de vivre ensemble, parce que comme vous le savez, sans cette paix-là, nous ne pouvons rien construire. »

Après le mouvement des jeunes du parti au pouvoir, ce seront les femmes, samedi prochain. L’opposition quant à elle, reste mobilisée dans la rue ce jeudi et samedi prochain.

Pendant que le front politique tient la rue, le front social gronde, les médecins ont abandonné leurs blouses blanches, les enseignants ont vidé les salles de classe, une semaine à couper le souffle au gouvernement.


L’opposition est mobilisée depuis le mois d’août 2017 pour réclamer des réformes constitutionnelles, notamment la limitation à deux mandats présidentiels. Brigitte Adjamagbo-Johnson est la coordinatrice de la coalition d'opposition togolaise.

« Le message, il est le même. Nous voulons que le régime entende le peuple qui demande le retour à la Constitution de 1992, qu’on revoie les institutions qui sont verrouillées de sorte que nous n’avons pas de vie démocratique normale, que le cadre électoral soit revu pour permettre à la diaspora de pouvoir exercer son droit de vote. C’est une manifestation nationale que nous organisons. Mais comme d’habitude, le régime oppose un refus catégorique à la tenue des manifestations à Mango, Bafilo et Sokodé sous prétexte qu’on n’aurait toujours pas encore trouvé les deux armes disparues. Nous savons que ce n’est qu’un prétexte », explique-t-elle.

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