Emmanuel Macron se pose en «ami» de la Tunisie

Inauguration d'une antenne de l'Alliance française à Tunis en présence d'Emmanuel Macron, le 1er février 2018.
© REUTERS/Eric Feferberg/Pool

Le président français effectue une visite en forme de soutien à la démocratie tunisienne, alors que sept ans après la révolution de jasmin, la Tunisie reste tiraillée par des tensions sociales susceptibles de faire dérailler une transition démocratique considérée comme un modèle.

C’est en véritable défenseur de la démocratie tunisienne qu’Emmanuel Macron s’est présenté à Tunis. Sur un ton très laudateur il a salué la Constitution « exemplaire » dont s’est doté le pays en 2014 et qui « pourrait à de nombreux égards nous inspirer ». Citant entre autres le principe de liberté de conscience et d’égalité entre hommes et femmes qui y sont inscrits.

Le président a salué aussi la transition démocratique, « vrai modèle de transition réussie » après les révolutions de 2011.

C’est donc en « ami » que le président français dit être venu, au nom de la relation historique qui lie les deux pays. Un ami venu apporter son soutien dans un moment difficile pour la Tunisie. « Sept ans après la révolution, c’est une étape fondamentale qui se joue ici » a estimé le chef de l’Etat français.

« Je le dis très clairement : la réussite de la Tunisie défendant les valeurs qui sont les siennes, démocratiques, de liberté de conscience, d'égalité entre les hommes et les femmes, c'est aussi notre bataille », a-t-il poursuivi aux côtés de son homologue, Béji Caïd Essebsi. Il s’agit d’un combat commun. Emmanuel Macron a insisté sur cette formule pour souligner l’importance de ce soutien. 700 000 Tunisiens vivent en France, 30 000 Français en Tunisie. Il y a aussi le combat contre le terrorisme. Autant de raisons pour lesquelles pour Emmanuel Macron, les destins de ces deux pays sont profondément liés.

Ces thématiques, le président français y revient ce jeudi avec un long discours devant l’Assemblée tunisienne ce matin, présenté comme le temps fort de cette visite d’Etat. Une visite aussi sur le premier Forum économique franco-tunisien, symbole de ce partenariat historique, sur le thème « Réussir ensemble aujourd'hui et demain »,  que le président a dit vouloir relancer en tant que premier partenaire commercial de la Tunisie.

Accords de coopération

Concrètement, huit accords de coopération ont été signés. Emmanuel Macron a promis 500 millions d’euros à la Tunisie d'ici 2020-2022. Avec en vrac : un accord de soutien à la justice et la défense pour mieux lutter contre le terrorisme, un projet de création d’une université franco-tunisienne et la promesse de la conversion de la dette tunisienne à l'égard de la France à hauteur de 30 millions d'euros en projets de développement.

Egalement, un programme de relance des investissements aux entreprises tunisiennes, soit quinze millions d'euros octroyés aux PME et PMI tunisiennes. Et enfin la création d’un fonds de 50 millions d’euros d’appui aux jeunes entrepreneurs tunisiens pour lutter contre le chômage des jeunes. Car 35% des diplômés sont au chômage en Tunisie.

« La France est le premier partenaire économique de la Tunisie, mais nous pouvons faire encore davantage », a lancé Emmanuel Macron en parlant « d'une ambition, d'un nouveau souffle » pour le partenariat France Tunisie.


Réaction: Envisager de nouveaux partenariats avec la Tunisie

Alors que le président français affirme vouloir soutenir la transition démocratique du pays, certains économistes estiment qu'il faut aller au-delà de l'aide au développement et envisager de nouveaux partenariats avec la Tunisie. Un moyen de se dégager de la vision d'une démocratie arrimée à l'Occident, comme l'explique Mohamed Haddar, président de l'Association tunisienne des économistes.

« Il n'y a pas eu un véritable débat du rôle de la Tunisie dans la Méditerranée. Il y a un enjeu parce que les solutions ne sont pas des solutions techniques. On va vous aider avec 30 millions, on va vous aider avec ceci, avec une bureaucratie derrière, c'est une gestion extrêmement difficile. Et si la transition en Tunisie échoue, et beaucoup veulent bien que ça échoue, ce sera un peu dramatique. Donc il y a une attente, une forte attente. Ce n'est pas le financement - parce que les politiques tunisiens vont demander des financements, que j'imagine. Ce n'est pas uniquement le financement. C'est beaucoup plus un débat de société. Mais ça c'est nous, avec un peu l'Europe et en particulier la France. »

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