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Togo

Togo: grève de 48 heures du personnel hospitalier

Hôpital de Mango au Togo.
© ©Igor Strauss

Au Togo, le pouvoir togolais est actuellement sous pression sur plusieurs fronts. Au niveau social, pendant 48 heures, le personnel hospitalier s’est mis en grève pour demander un meilleur équipement.

Cette fois, les hospitaliers togolais n'arrêtent pas le travail pour une revalorisation des salaires, ils sont en grève pour demander du matériel pour travailler.

Et la demande est pressante pour Ali Bana Abdoul Djamiou, ingénieur en analyse médicale au Centre hospitalier universitaire Sylvanus Olympio de Lomé : « Nos appareils qui devraient nous permettre de faire ce travail n’existent pas. Ceux qui existent sont dans un état vétuste. Par exemple, quand on a un malade qui a fait un AVC, il arrive à l’hôpital et il a besoin de faire un scanner. Il y a plus de quatre ans que le scanner n’existe pas au CHU Sylvanus-Olympio qui, normalement, est notre centre de référence. Il faut maintenant déplacer les malades dans des taxis. On n’a même pas d’ambulance ».

Il ne s'agit pas d'une grève sèche, selon plusieurs hospitaliers au poste ce jeudi, le service minimum est assuré pour les patients des réanimations, de la maternité et des urgences chirurgicales. La grève est suivie dans son ensemble sur toute l'étendue du territoire, dit un syndicaliste, malgré les mesures de dissuasion.

Il faut aller aux urgences et les urgences pour le professeur Atchi Walla, secrétaire général du Syndicat des praticiens hospitaliers du Togo (Synphot), c'est recruter du personnel : « Quand je dis du personnel, c’est l’ensemble constitué par les médecins, les infirmiers, les sages-femmes, les accoucheuses, personnel d’appui, tous ces éléments qui constituent les maillons pour que la chaine de soins puisse rouler normalement dans une formation sanitaire. Il faut que ce personnel soit opérationnel dans les hôpitaux ».

Jeudi, plusieurs patients qui devraient voir leurs médecins sont retournés chez eux faute de soignants au CHU Sylvanus-Olympio. Ouvert avant l'indépendance comme hôpital général, et devenu depuis 1972, centre hospitalier universitaire, plusieurs infrastructures sont restées inchangées face à une population sans cesse croissante. Les praticiens hospitaliers menacent de durcir le ton si rien n'est fait.