En Tunisie, la population est partagée après les promesses du président français

Vue de Tunis, Tunisie.
© Wikipédia

Le président français a terminé ce jeudi soir sa première visite d’Etat en Tunisie. Un déplacement qu’il a voulu placer sous le signe de la solidarité et d’un soutien fort à la jeune démocratie tunisienne alors que le pays se débat avec une inflation record et un taux de chômage de plus de 30% chez les jeunes. Résultat, pendant ces deux jours passés à Tunis, Emmanuel Macron a fait une série d’annonces pour soutenir l’économie tunisienne.

A 100 mètres à peine du Parlement tunisien où le président français a prononcé son discours, une terrasse de café, quelques tables hautes. Comme souvent, des hommes, exclusivement, y sont attablés.

Et quand on demande à Rami, employé d’une entreprise française, si les 50 millions d’euros qu’Emmanuel Macron a promis d’allouer tout de suite aux jeunes entrepreneurs du pays peuvent être utiles, la réponse est cinglante : « Même si c’est vrai qu’il va nous donner cette somme, c’est les hommes d’Etat qui vont la prendre, ce n’est pas nous, ce n’est pas le peuple. Cela fait sept ans et c’est de pire en pire. Il n’y a pas de changement ».

Cette amertume et ce manque de confiance dans les hommes politiques tunisiens, son copain la partage : « Le problème est la politique tunisienne ».

Deux jeunes femmes, foulard et lunettes de soleil, passent par là.  Leur constat n’est pas très différent, Nadia, 39 ans : « On voit des présidents et des responsables venir et revenir (rires). Et on ne voit pas vraiment un grand changement. Parce que le changement doit déjà commencer dans notre pays, par nos responsables. Ce qui n’est pas le cas ».

Nadia travaillait pour une société française. En 2012, celle-ci a fait faillite. Tout comme pour son amie Sarah. Il y a eu beaucoup de promesses, mais pas assez d’actes : « Il faut passer à l’action et des choses pratiques. Et ne pas rester juste dans la théorie. On va faire, on veut faire. Il faut des solutions concrètes et rapides, des solutions économiques ».

Un rapport de l’Union européenne, publié en 2017, sur l’aide allouée à la Tunisie pointe lui aussi la lenteur des réformes dans le pays, en partie due, selon l’UE, aux multiples changements de gouvernement : dix depuis 2011.

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