Les journalistes du Niger en colère

Les petits médias indépendants nigériens craignent pour leur survie.
© Zero Creatives/Getyimages

Journée « écrans noirs » au Niger : de nombreux médias ont décidé de ne pas diffuser leurs programmes habituels ce lundi 5 février pour protester contre les pressions, les agressions contre les journalistes ou encore les confiscations de matériel. Ils dénoncent surtout une opération de contrôle de comptabilité lancée par les autorités.

Cette opération porte non seulement sur l'année en cours, mais également sur les quatre années écoulées. Pour Soumana Maiga, directeur du quotidien L'Enquêteur, c'est un moyen d'étouffer les médias indépendants.

« Le principe de contrôler les organes de presse n'est pas ce qui nous gêne à proprement parler. Personne n'est au-dessus de la loi. Par contre, ce que nous trouvons inadmissible, c'est d'être en-dessous de la loi. C'est-à-dire que sous couvert de la loi, on se cache pour régler les comptes politiques. C'est la première fois que la presse privée indépendante au Niger fait l'objet d'un avis général des comptes publics. C'est étonnant, car dans la plupart des médias, les conditions de travail sont tellement précaires que je ne les vois même pas tenir une comptabilité digne de ce nom. Le pouvoir avait quand même la possibilité de faire des contrôles ponctuels ou portant sur une année ou deux. Mais là, la loi autorise jusqu'à cinq ans. Les conséquences, c'est quà l'issue de ces contrôles fiscaux, il y aura des notifications primaires qui vont dire les montants que ces médias auront à payer pour les impôts. Et je ne connais pas un média dans ce pays qui soit à même de faire ça. Cela va fatalement conduire à la fermeture de ces médias. C'est inélucatable. »

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