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Guinée

Les Guinéens votent pour les premières élections municipales depuis treize ans

Municipales guinéennes: jour de vote à Conakry, ce dimanche 4 février 2018.
© RFI / Carol Valade

En Guinée, quelque six millions d'électeurs sont appelés aux urnes, après une longue attente. Les dernières élections locales remontent à 2005 et celles qui devaient se tenir il y a huit ans ont connu plusieurs reports. Pas moins de 30 000 candidats briguent les sièges de conseillers municipaux des 342 mairies que compte la Guinée.

A Conakry, depuis les premières heures de la matinée, les Guinéens ont commencé à rallier, en colonnes et à pied, les bureaux, la circulation étant interdite en ce jour de vote.

Le vote se déroule globalement sans problèmes, avec une forte affluence par endroits. Il n’y a pas d’incidents majeurs, juste quelques motifs d’irritation comme par exemple à Lambanyi, au collège Hamas où des électeurs bien qu'inscrits sur les listings se sont retrouvés sans carte d’électeur.

Ils accusent des chefs de quartiers d’avoir volontairement soustrait leurs cartes d’électeurs au profit des procurations qu’ils ne donnent qu’à leurs proches. Lambanyi est une commune de Ratoma où seize listes de candidatures sont en compétition et le nombre d’électeurs peut s’élever à quelque 200 000 personnes.

Toujours de ce même quartier, dans un bureau de vote au centre de Santé, un jeune homme détenteur de trois cartes d’électeurs « pour lui et deux de ses proches » dit-il, a pu voter trois fois, sans procuration, et est reparti sans être inquiété.

Ailleurs, selon nos informations recueillies un peu partout dans les autres communes de Conakry et dans quelques villes de provinces, le vote se déroule globalement bien.

J’ai voté directement, en moins d’une heure. J’ai eu vraiment envie de venir parce que je veux qu’on entende ma voix aussi.
Micro-trottoir à Conakry
04-02-2018 - Par Carol Valade

Affluence modeste à Colaboui

A Colaboui, une sous-préfecture de Boké, les électeurs arrivaient au compte-gouttes dans le courant de la matinée de ce dimanche. Un président de bureau de vote, à l’école Keretou, annonçait que sur 496 inscrits, seulement environ 160 avaient voté à la mi-journée.

Un peu plus loin, au lycée Colaboui, pour passer le temps, le proviseur s’est même amusé à calculer le taux de participation dans son bureau de vote qui était de l’ordre de 32 %, à midi. L’affluence était donc très modeste à Colaboui.

Quelques policiers ou gendarmes assurent la sécurité et sillonnent entre les bureaux de vote car, mercredi, il y a eu une forte mobilisation des habitants contre le sous-préfet, accusé de tentative de fraude et de favoritisme envers un parti politique, celui du RPG, parti présidentiel, « alors qu’en tant qu’agent de l’Etat, il est censé respecter la neutralité », a indiqué, ce matin, un observateur de l’élection. Depuis, le sous-préfet a été exfiltré par les forces de sécurité et les tensions se sont largement apaisées.

Sur les 68 bureaux de vote que compte cette sous-préfecture, « tout le matériel a été acheminé à temps et les 26 000 électeurs peuvent voter sans pression, dans le calme », explique le président de la commission électorale de Colaboui.

J’ai vraiment eu envie de venir parce que je veux qu’on entende aussi ma voix.
L'ambiance dans les bureaux de vote à Conakry
04-02-2018 - Par RFI

 

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