Piraterie dans le Golfe de Guinée: un pétrolier disparaît avec son équipage

Le port de Cotonou, au Bénin (photo d'illustration).
© ©DELPHINE BOUSQUET / AFP

Un pétrolier avec un équipage indien de 22 membres est porté disparu dans le Golfe de Guinée, une zone où les actes de piraterie sont relativement fréquents, ont annoncé ce dimanche les autorités indiennes. Le Golfe de Guinée était en 2017 un point chaud de la piraterie maritime. Sur 16 incidents où des bateaux ont essuyé des tirs à travers le monde, sept ont été recensés dans cette région, selon le Bureau maritime national.

Avant de se volatiliser jeudi 1er février, le MT Marine Express, mouillait dans le port de Cotonou, au Bénin. Le vaisseau, battant pavillon panaméen et affrété par la compagnie hongkongaise Anglo-Eastern, transportait 13 500 tonnes de pétrole.

Le ministère indien des Affaires étrangères et sa mission à Abuja mènent l’enquête en liaison avec les autorités béninoises et nigérianes pour localiser le bateau, a déclaré le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères ce dimanche.

La compagnie Anglo-Eastern a déclaré que le dernier contact avec l'équipage remontait à jeudi, selon l’Agence France-Presse. « Les autorités ont été alertées et réagissent. Notre priorité première est la sécurité de l'équipage, dont les familles ont été contactées », précise l'Anglo-Eastern sur Twitter.

Le directeur du Bureau maritime international, Pottengal Mukundan, pense que les pirates ont bénéficié de complicité, car ces derniers temps, le Bénin était relativement préservé. « Au Bénin, nous n'avions pas vu ce type d'attaques pendant près quatre ans. Donc c'est inhabituel. Je veux dire, les pirates cherchent des cibles comme ça et quand ils sentent qu'ils peuvent mener à bien leur opération et s'en sortir sans risque dans un pays, ils vont le faire là. Jusqu'à ce que les forces de sécurité dans ce pays prennent des mesures fortes pour éviter ce type d'attaques. Ces deux bateaux ont été pris à Cotonou. S'ils ont été pris là, c'est qu'il y a une cellule à Cotonou qui permet aux pirates d'aborder ces bateaux et d'en prendre le contrôle. C'est le scénario le plus problable. Les autorités béninoises devraient enquêter là-bas, mais je suis sûr que c'est ce qu'elles font. »

En janvier, un autre navire, le MT Barret, avait déjà disparu au large des côtes du Bénin. Les membres de l'équipage, en majorité des Indiens, avaient été relâchés six jours plus tard après le versement d'une rançon, rapporte le journal Hindustan Times.

« Cela prend quelques jours avant que les équipages soient libérés. Ce n'est pas non plus inhabituel que le bateau n'ait toujours pas été localisé. Ca prend un peu de temps », rassure Pottengal Mukundan. La plupart du temps, les pirates prennent le contrôle du navire, l'emmènent dans les eaux internationales où attend un autre bateau et là, ils siphonnent la cargaison de pétrole puis ils relâchent l'équipage et abandonnent le cargo.

Le Golfe de Guinée reste un point chaud de la piraterie maritime

Dans un rapport publié en janvier, le Bureau maritime international indiquait que les attaques de navire en mer sont au plus bas depuis 22 ans mais en augmentation dans certains pays comme les Philippines ou stables près de certaines côtes d'Afrique : 180 attaques ont été recensées en 2017, le plus bas niveau depuis 1995, après 191 incidents en 2016 selon le BMI.

La piraterie maritime est toujours présente dans le Golfe de Guinée: sur 16 incidents où des bateaux ont essuyé des coups de feu à travers le monde, sept ont été recensés dans ce golfe, toujours selon le BMI. Dix prises d'otages de 65 membres d'équipages au total ont été perpétrées dans les eaux au large du Nigeria.

Les eaux au large de la Somalie restent elles aussi dangereuses, avec neuf incidents constatés l'an passé, contre deux en 2016. L'opération européenne Atalante de sécurisation du trafic dans les eaux somaliennes a été prolongée jusqu'au 31 décembre 2018.

Le rapport 2017 du BMI

avec AFP

Le parking de l’aéroport de Djibouti, «base avancée» de l’opération anti-piraterie Atalante © RFI/Olivier Fourt

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