Afrique du Sud: Jacob Zuma compte bien discourir devant la nation

Le président sud-africain Jacob Zuma, le 19 février 2015 au Parlement, lors de son discours à la nation.
© REUTERS/Mike Hutchings

Le président Jacob Zuma a rencontré l'exécutif de l'ANC dimanche 4 février. Les six principaux dirigeants du parti ont cherché à le convaincre de quitter le pouvoir. Les appels à sa démission se font de plus en plus pressants à quatre jours du discours à la nation. L'ANC devrait accentuer la pression sur Zuma aujourd'hui. Le comité de travail du parti se réunit exceptionnellement ce lundi pour discuter de la marche à suivre.

Encore une fois, Jacob Zuma plie mais ne rompt pas. L'exécutif de l'ANC a effectué une visite nocturne dimanche soir à Pretoria. L'ambition est clairement annoncée par le numéro 3 du parti, Gwede Mantashe : envisager le futur de Jacob Zuma, mais  l'envisager sans l'humilier. Mantashe a pris le contrepied de deux autres des six hauts responsables du parti, qui affirmaient la veille que Zuma resterait jusqu'au bout de son mandat.

Si c'est la cacophonie au sein de la tête du parti, ça l'est également dans la rue. Une manifestation est organisée ce lundi matin à Johannesburg, avec pas moins de trois groupes, des pro et des anti-Zuma. D’un côté, l'initiative a été prise par un mouvement de soutien au président de la République. Les BLF (Black first land first) ont annoncé marcher vers le QG de l'ANC pour venir en aide à Jacob Zuma, constamment sous la pression depuis un mois. En réalité, ils cherchent la confrontation avec les membres de l'ANC qui les attendent de pied ferme devant le QG du parti.

Car si Zuma est encore président de la République, il n'est plus président de l'ANC. C'est pourquoi les membres du parti ont organisé une contre-manifestation. Officiellement, pour défendre le QG du parti face aux fauteurs de troubles. La manifestation pourrait donc rapidement dégénérer. Les membres de l'ANC défendront bec et ongles leur parti et leur nouveau président Cyril Ramaphosa. Des pancartes appelant à la démission de Jacob Zuma ont aussi fait irruption au milieu de la foule.

Au Parlement, les partis d'opposition demandent aussi que le discours à la nation soit prononcé par n'importe qui sauf Jacob Zuma. Mais Jacob Zuma fait de la résistance. Il souhaite prononcer ce discours. Le président de la République devra faire face à une motion de défiance dans deux semaines. Jacob Zuma préférera peut-être quitter le pouvoir sous la pression de l'ANC plutôt que par la petite porte de l'Assemblée nationale.

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