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Kenya: quatre chaînes de télévision nationales toujours suspendues

Au Kenya, quatre chaînes de télé n'émettent plus depuis une semaine. Citizen TV, KTN, NTV et la chaîne communautaire Inooro TV ont vu leurs signaux coupés par le gouvernement (supermarché Nakumatt, Nairobi, mai 2013).
© Trevor Snapp/Bloomberg via Getty Images

Au Kenya, quatre chaînes de télévision n'émettent plus depuis plusieurs jours. Citizen TV, KTN, NTV et la chaîne communautaire Inooro TV ont vu leurs signaux coupés par le gouvernement pour avoir voulu retransmettre en direct la prestation de serment de l'opposant Raïla Odinga. Malgré une décision de justice, ordonnant qu'on laisse les médias émettre, le pouvoir refuse d'obtempérer.

Les défenseurs des droits de l'homme accusent le pouvoir de violer la Constitution et désormais de ne pas respecter la justice. Jeudi, suite à la plainte de l'activiste Okiyah Omtatah, la Haute Cour avait ordonné au gouvernement de remettre en route les signaux des quatre médias victimes, et de ne pas interférer avec leur diffusion. Peine perdue. Les chaînes visées n'émettent toujours pas, même si elles restent visibles sur Internet. Outre l'atteinte à la liberté d'expression, la mesure de rétorsion entraîne aussi une chute des recettes publicitaires.

Okiyah Omtatah et plusieurs avocats ont bien tenté de remettre la décision des juges à l'Autorité de communication, ou encore à la police, mais ils se sont chaque fois vus barrer le chemin par la sécurité. Le ministre de l'Intérieur a déclaré que les chaînes de télévision resteraient coupées le temps des investigations. Selon Fred Matiangi, certains médias seraient coupables de complicité avec la NASA dans l'organisation d'une cérémonie jugée illégale. De plus, la diffusion en direct de la prestation de serment aurait entraîné « un massacre aux proportions catastrophiques », a déclaré le ministre.

La mesure est critiquée de tous côtés, même au sein de la majorité. Le sénateur Gideon Moï s'est dit opposé à cette mesure. Ironie de l'histoire, celui qu'on présente comme un prétendant à l'élection 2022 est le fils de l'ancien président, Daniel Arap Moï, tristement connu notamment pour ses atteintes à la liberté de la presse.

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