Gabon: les taxis protestent contre la hausse du carburant et le racket

Une station Total à Libreville.
© REUTERS/Mike Hutchings/File Photo

Au Gabon, les chauffeurs de taxi ont observé ce lundi une grève d'avertissement. Ils protestent contre la hausse du carburant, mais surtout contre les rackets organisés par les policiers et gendarmes qui, selon les transporteurs, multiplient les postes de contrôle, devenus des points de péage où il faut verser des pots-de-vin.

C'était une journée de pagaille dans les rues de la capitale du Gabon. Mais surtout de très grande difficulté pour ces Librevillois : « C’est mauvais... Je ne suis pas content... J’ai proposé 500 francs pour une distance d’un kilomètre et demi alors on a vraiment marché. D’ici l’université, on a marché », pouvait-on entendre.

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06-02-2018 - Par Yves-Laurent Goma

La Société gabonaise de transport (SOGATRA) a sorti plus de bus que d'ordinaire pour soulager des usagers pris au piège : « Vous voyez comme nous sommes surchargés dans le bus ? Comme dans des boîtes de sardines. Vivement que l’Etat trouve une solution, vraiment, parce que là, on n’en peut plus ».

La solidarité africaine a beaucoup joué. Plusieurs élèves sont allés à l'école abord des pick-up ou des véhicules privés qui ont accepté de les embarquer. Pendant ce temps, les chauffeurs des taxis bus ont garé et observé la colère à fleur de peau...

Un triste spectacle : « Tout ça, c’est à cause des gendarmes et des policiers.  Tu as les papiers, tu n’as pas les papiers, tu paies 2 000. Si tu refuses de payer, ils te prennent ton dossier des mains et ils te demandent de payer. Ce n’est pas bon ».

Après cette journée d'avertissement, les grévistes ont promis de paralyser tout le pays si policiers et gendarmes ne baissent pas la pression sur leurs recettes.